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10 Décembre 2019 | 12, Kislev 5780 | Mise à jour le 04/12/2019 à 18h11

Rubrique Judaïsme

Pessah : Le récit de la sortie d’Egypte

(Flash90.)

Lors du séder de Pessah, le père a l’obligation de raconter le récit de la miraculeuse sortie d’Egypte à ses enfants. Moment d’échange entre les générations, de partage, cette narration dynamique et enthousiaste reste vive dans toutes les mémoires juives.

Le récit de la libération relève d’une importance capitale puisqu’il renvoie aux processus qui ont mis en place la naissance de peuple hébraïque et en quelque sorte, son arrivée sur la scène de l’histoire. C’est donc une plongée dans les arcanes de l’identité juive dont il est question, une remontée dans le temps des ancêtres pour apprendre les conditions de la formation du peuple d’Israël et la vocation qui lui fut offerte ; pour lui apprendre surtout l’orientation qu’il doit donner à son existence s’il aspire à poursuivre une histoire héroïque, audacieuse. La finalité de la libération de l’esclavage se concentre dans l’événement de la révélation divine sur le Sinaï et la promulgation de la Torah. C’est donc une histoire éminemment morale et religieuse que nous racontons, siècle après siècle, à ceux et celles appelés à la faire advenir.

Dans cette perspective, chaque passage, chaque paragraphe, chaque enseignement de la Hagada, renferment des leçons, des messages, des vécus, qu’il importe de décrypter et de transmettre. Il s’agit de découvrir les mots derrière les mots, véritable étude de textes sacrés à la lumière de la tradition rabbinique qui rappelle précisément que « celui qui prolonge le récit de la sortie d’Egypte est digne de louanges ». Il est digne de louanges car il approfondit le lien avec son identité profonde donc avec ce que sera sa vie demain ; il est digne de louanges car le récit doit pouvoir le métamorphoser, le bonifier, en faire un homme meilleur pour le monde, il est digne de louanges car il est alors censé mieux comprendre ce qu’il fait sur terre.


Une gestuelle réglementée et des chants dans une atmosphère de joie


Il faut préciser que les Sages ont tenu à ce que le récit réponde à des interrogations formulées par les enfants, à des questions suscitées par l’ordonnancement même, surprenant, inattendu, de la soirée. Le récit est accompagné d’une gestuelle réglementée, de chants, enveloppé dans une atmosphère de joie et d’harmonie. Ainsi l’histoire entendue sonne non pas comme quelque rapport d’événements qui nous indiffère mais comme la réponse que l’enfant attend et qu’il intériorisera d’autant plus qu’il se sentira concerné. Car c’est là tout l’enjeu : ce n’est pas une histoire que l’on raconte mais notre histoire et celle de l’enfant. Le récit ne s’est pas seulement passé il y a 3500 ans mais il se reproduit aujourd’hui encore. « A chaque génération, l’homme doit se considérer comme s’il était lui-même sorti d’Egypte » clame le texte de la Hagada. Et encore « Si D.ieu n’avait pas libéré nos ancêtres, nous serions encore esclaves en Egypte ». La Haggada n’est pas une histoire passée car dans la conception juive du temps, toutes les générations se rencontrent en un temps, un temps qui dépasse justement le temps de l’histoire.

   Le récit n’est pas que théorique : « Celui qui prolonge le récit de la sortie d’Egypte est digne de louange ». L’individu qui prolonge le récit de la sortie d’Egypte est celui même qui y ajoute des chapitres à ce récit, en permettant à des gens de se libérer de leur détresse, de leur souffrance, de leur Egypte intérieure ou au moins d’essayer. Le récit épouse alors une dimension éthique considérable. A l’instar du devoir moral, c’est une histoire sans fin… 


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