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18 Avril 2019 | 13, Nisan 5779 | Mise à jour le 17/04/2019 à 17h44

Rubrique Monde juif

Israël : Les conséquences halakhiques de la tragédie d’Ethiopian Airlines

Crédit : ETHIOPIAN AIRLINES

Une cour rabbinique, réunie à cet effet, vient d’autoriser les proches des deux victimes israéliennes du crash de l’avion d’Ethiopian Airlines à faire shiva. Quant aux deux épouses, au-jourd’hui agounote, leur sort devrait être réglé dans les prochains mois.

On se souvient que deux Israéliens figuraient au nombre des victimes du crash du Boeing 737 d’Ethiopian Airlines survenu début mars. Or, malgré la présence sur place de volontaires de l’organisation ZAKA peu de temps après le drame, aucune trace matérielle de leur présence à bord n’a pu être découverte. De cette absence de preuve ont découlé deux problèmes relevant de la compétence de décisionnaires en matière de halakha.

   La première, à savoir déterminer si les familles pouvaient faire shiva malgré les incertitudes, vient d’être résolue par un tribunal rabbinique réuni sous les auspices du Grand Rabbin séfarade d’Israel, Rav Yaacov Yossef, du Rav Michael Amos et du Rav Yaacov Roza, qui ont discuté du statut halakhique des disparus. Pour ce faire, le tribunal a examiné les témoignages des volontaires qui ont fait des recherches à l’endroit où l’avion s’était écrasé ainsi que des documents fournis, entre autre par le gouvernement éthiopien. 

   En outre, lit-on dans la décision qui a suivi les délibérations, « la cour a aussi reçu… un nombre de documents ayant un lien direct avec les victimes israéliennes, des documents d’Ethiopian Airlines, une liste de tous ceux qui sont montés dans l’avion… ainsi que des témoignages de juifs qui ont vu les victimes israéliennes à bord de l’appareil ». En conséquence, et après moult délibérations, « il a été décidé que les familles doivent faire shiva pour leurs proches ». Ce qu’elles ont immédiatement fait.

   Quant au second problème, celui du statut des épouses des disparus qui, pour le moment ont le statut d’agounote, bien que les rabbins réunis aient reconnu qu’il y avait déjà beaucoup de raison qu’elles soient considérées comme des veuves (qui ont, donc, la possibilité de refaire leur vie), il a été décidé que cette question serait traitée après que l’identification des restes des corps récupérés sur le lieu de l’accident sera terminée. A savoir dans quelques mois.


Témoignages des volontaires


Toujours en Israël et en matière d’agounote, les juges d’un tribunal rabbinique ont, récemment, été confrontés à un cas très spécial. Il d’agissait d’un mari, « religieux » et père de sept enfants, qui demandait de pouvoir donner en urgence le guett à sa femme. Interrogé sur ladite urgence de la procédure, l’époux avait expliqué qu’il avait fait son « coming out » et qu’il avait trouvé un partenaire qui l’attendait en Italie. « Mon amoureux m’attend là bas et il m’a dit que si je ne divorçais pas aujourd’hui, il me quitterait », a expliqué le mari, en ajoutant qu’il avait l’intention de rejoindre son ami au plus vite.

Les rabbins étaient, donc, face à un dilemme: soit obtempérer et donner l’impression qu’ils étaient d’accord avec la démarche de l’époux, soit refuser la demande au risque que la femme se retrouve dans le statut d’agouna avec un conjoint à l’étranger. Pour éviter cette possibilité, repoussant même les autres délibérations programmées le même jour, les juges rabbiniques ont fait ce qui leur était demandé. Une heure après son arrivée, l’homme avait déjà divorcé religieusement de sa femme… et était sur le chemin de l’aéroport pour aller retrouver son compagnon.


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