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23 Août 2019 | 22, Av 5779 | Mise à jour le 08/08/2019 à 12h19

Rubrique Communauté

Ouriel Gottlieb : « Les projets d’Alyah prennent plus de temps à se réaliser »

(DR)

Ouriel Gottlieb a succédé à Daniel Benhaïm à la direction de l’Agence juive. Nous l’avons rencontré au lendemain des salons de l’Alyah qui ont accueilli plus d’un millier de personnes à Paris et à Marseille.

Actualité Juive: Vous avez pris la tête de l’Agence juive en début d’année mais l’institution vous était déjà familière.

Ouriel Gottlieb : Oui. Je suis né et j’ai grandi à Paris dans une famille sioniste, mon père était rabbin, et il était assez évident qu’après mon bac, je parte en Israël. Après mon service militaire, je suis revenu en France où j’ai effectué une première shlihout pour le Bné Akiva avant de repartir à nouveau en Israël et de travailler dans le monde de l’éducation. En parallèle, j’étais dans le high tech mais en 2015, après les événements tragiques de janvier, j’ai décidé de revenir en France et de rejoindre l’Agence juive. Je prenais conscience qu’il se passait un moment historique pour la communauté juive. Je voyais la détermination des juifs français à partir et je pensais que mon expérience personnelle de l’intégration en Israël pouvait leur être utile car je l’avais vécue moi-même. 


A.J.: 8000 juifs français ont fait leur Alyah en 2015 et depuis, c’est sur la base de ce chiffre qu’on parle de baisse de l’Alyah de France. Qu’en est-il ? 

O.G. : Il faut remettre ces chiffres dans le contexte de l’époque et se rappeler de la situation de la communauté après les attentats de janvier 2015. L’Agence juive était sollicitée de toutes parts par des personnes qui voulaient partir rapidement et elles ont été 8 000 à partir cette seule année 2015. Quand le nombre de départs est passé à 4 500 en 2016 puis à 3 500 en 2017 et 2018 en effet, on a parlé de baisse mais ces chiffres restent largement supérieurs à ce qui était la tendance de France depuis 1948 jusqu’à 2014, avant l’année historique de 2015. Depuis 2000, plus de 50 000 juifs de France ont fait leur Alyah dont plus de 20 000 ces cinq dernières années. Aujourd’hui, les projets d’Alyah prennent plus du temps à se réaliser. Les gens s’intéressent, regardent, etc. Cette semaine à Paris et Marseille, 70% des visiteurs venaient pour la première fois dans un salon de l’Alyah. 


A.J.: Que cherchaient-ils ? 

O.G. : Des renseignements, beaucoup de renseignements en premier lieu et sans surprise sur l’emploi. Les gens veulent savoir ce qui est exportable ou pas en Israël. La question du travail reste une préoccupation majeure au même titre que l’éducation pour les familles, c’est-à-dire les écoles et le système scolaire pour les enfants. Les personnes âgées posent, elles, beaucoup de questions sur le système de santé.


« Le travail reste un enjeu majeur »

A.J.: Dans quel état d’esprit voulez-vous travailler aujourd’hui ?  

O.G. : Dans la continuité du travail effectué ces dernières années avec une grande attention pour la jeunesse et le renforcement de l’identité juive. L’Agence juive a pour mission d’accompagner à l’Alyah et également de renforcer les communautés là où elles se trouvent. Ces objectifs peuvent paraître contradictoires mais en réalité, en maintenant l’identité juive des personnes là où elles se trouvent, on entretient la flamme d’Israël et de l’Alyah. 


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