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27 Mai 2019 | 22, Iyyar 5779 | Mise à jour le 22/05/2019 à 18h15

Rubrique France/Politique

Baisse des dons en 2018 : Les collectes à rude épreuve

(DR)

Le monde associatif savait qu’avec le remplacement de l’ISF par l’IFI, les collectes seraient sévèrement touchées. Elles l’ont été, obligeant le secteur à repenser ses liens avec les donateurs.

Le remplacement de l’ISF par l’IFI mais aussi la hausse de la CSG et la mise en place du prélèvement à la source, ont ébranlé en volume mais pas en nombre la générosité des Français. D’après le baromètre de France générosités publié début avril, le montant des dons versés au secteur associatif a baissé de façon historique de 4,2 % en 2018, mais pas le nombre de dons reçus qui, lui, s’est maintenu. C’est peut-être la bonne nouvelle de cette étude réalisée chaque année par le syndicat de la profession sur le comportement des Français face au don, qui donne à penser aux professionnels du secteur. 

Depuis la loi Tepa, les collectes ISF constituaient un levier de croissance majeur pour les associations et les fondations d’intérêt général. Cette incitation fiscale était à la fois bonne pour le contribuable qui canalisait son impôt dans un geste de solidarité, bonne pour le secteur associatif qui collectait des dons au volume exceptionnel pour réaliser ses projets et bonne pour l’Etat qui baissait progressivement et de façon constante le montant de ses aides publiques. 

Naturellement, cette mesure a créé une dépendance et une concentration des efforts du monde associatif sur la campagne ISF qui savait néanmoins, et redoutait, les conséquences de sa suppression chaque année envisagée sur les projets financés par cette manne. Avec le basculement de l’ISF vers l’IFI qui concerne 150 000 ménages au lieu de 350 000, certaines structures ont perdu presque 50% de leur collecte et vu leur équilibre financier vaciller au détriment des projets et de leurs usagers.  

Maintenant qu’il faut réagir, les associations savent que c’est leur logiciel qu’il faut changer, mais pas seulement en termes de techniques de collecte. Là où le Baromètre 2018 de France générosités est intéressant, c’est qu’en révélant que le nombre des dons des Français s’est maintenu même si leur montant a baissé, il rappelle que la solidarité, l’esprit de solidarité, ne dépend pas seulement des mesures fiscales. 

Cet esprit de solidarité est d’autant plus nécessaire, même vital dans le monde associatif juif dont les projets, pour ce qui relève de la dimension confessionnelle, ne peuvent être pris en charge et faire l’objet de subventions de l’Etat. Il peut s’agir de la cacheroute dans une maison de retraite, de la distribution de colis alimentaires pendant les fêtes et d’activités culturelles comme des cours de langues, d’hébreu ou de yiddish, essentiels pour renforcer l’identité juive des jeunes et recréer du lien social avec les plus âgés.

Le monde associatif dans son ensemble sait que des niches sont à construire et pour certains à développer comme celles des très grands donateurs ou du mécénat d’entreprise. Mais il sait aussi la fidélité des donateurs, notamment des retraités impactés par la hausse de la CSG qui ont malgré tout maintenu leurs dons, mêmes petits, ce que souligne France générosités. Parce que, explique le syndicat, « occupant une place prépondérante voire exclusive pour certaines causes, la générosité est la garantie d’un espace de liberté et d’innovation. Elle peut être décisive dans le financement de certaines causes ». IFI, IR, il en va plus encore pour les associations juives, toute l’année. 


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