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21 Juillet 2019 | 18, Tammuz 5779 | Mise à jour le 17/07/2019 à 18h17

Rubrique France/Politique

Election européenne

Pourquoi il faut aller voter : les enjeux du scrutin

(DR)

L’élection européenne ne suscite que très peu d’enthousiasme. Pourtant, les enjeux sont bien plus importants qu’il n’y paraît. Ils engagent tout simplement notre avenir, assure Francis Kalifat, le président du Crif à Actualité juive.

Entre le 23 et le 26 mai prochain, les élections européennes se dérouleront dans les 27 Etats membres de l’Union européenne. En France, ce sera dimanche 26 mai. C’est donc demain… Et pourtant, jamais un scrutin n’aura semblé aussi peu intéresser les citoyens. Il est vrai que depuis qu’elle a été créée en 1979, l’élection européenne est celle qui provoque le taux d’abstention le plus élevé. On peut d’ailleurs s’attendre cette année, en France, à un niveau d’abstention autour de 60% des inscrits. 

   Il faut néanmoins y voir un paradoxe car l’Europe influence de plus en plus les législations et les politiques nationales. Mais rien à faire : globalement, les Français ne s’intéressent pas aux enjeux propres à la gouvernance européenne. 

   Les institutions européennes sont perçues comme bureaucratiques et éloignées de leurs premières préoccupations. Ces facteurs se rajoutent à une défiance à l’égard du politique devenue habituelle. En dehors de la désaffection démocratique qui structure désormais la vie politique, comment peut-on expliquer cette indifférence pour les prochaines élections européennes ? Il faut d’abord observer que le scrutin est très peu lisible, avec 34 listes candidates. Dès lors, la compétition électorale n’est pas assez perceptible pour les citoyens, ce qui les dissuade de se déplacer. 

   Ensuite, le climat actuel n’est pas propice à la participation électorale : entre la crise des Gilets jaunes et le grand débat national, les Français ont été politiquement beaucoup sollicités ces dernières semaines, ce qui peut se traduire par une lassitude. Au mieux, une partie conséquente des Français risquent de se déplacer pour exprimer leur mécontentement. Et c’est ici que se situe le danger. Le président du Crif, Francis Kalifat, craint beaucoup cette démobilisation de l’électorat. « Le Crif ne donne pas de consignes de vote partisanes mais je veux lancer un appel à la mobilisation pour le 26 mai. Je m’adresse bien évidemment aux Français de confession juive mais, plus largement, à tous les Français : il faut aller voter et porter sa voix sur des partis qui défendent des valeurs démocratiques ! Ne pas le faire, c’est prendre le risque de donner une trop grande place aux partis populistes, ce qui n’est jamais bon… », assure-t-il. 

   Mais peut-on considérer qu’il existe, avec ces élections européennes, un enjeu spécifique pour les Juifs ? Francis Kalifat répond du tac au tac : « Bien évidemment. Les Juifs d’Europe n’ont-ils pas suffisamment payé la volonté du repli nationaliste ? L’Europe a été construite pour apporter la paix et, sur ce point, elle a rempli sa mission. Il n’est pas seulement question de se déterminer sur la poursuite de l’intégration européenne mais bien d’écarter le plus possible tous ceux qui frayent avec l’antisémitisme ou le négationnisme. Il faut faire reculer les partis qui peuvent porter atteinte aux droits de l’homme et aux libertés publiques, et qui malheureusement commencent à s’installer un peu partout en Europe ». 

   Un exemple récent permet d’illustrer cette situation : le Parlement polonais a adopté l’an dernier une loi – finalement supprimée sous la pression internationale – exposant à la prison tous ceux qui attribueraient une quelconque responsabilité à la nation polonaise dans l’accomplissement de la Shoah. Le président du Crif, Francis Kalifat, explique que l’on peut s’interroger sur notre avenir si une majorité de députés européens étaient issus de partis populistes : « Les extrêmes ont toujours été néfastes, qu’ils soient de droite ou de gauche. Il faut impérativement les écarter en se rendant aux urnes ». 


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