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17 Octobre 2019 | 18, Tishri 5780 | Mise à jour le 10/10/2019 à 17h12

Rubrique France/Politique

Elections européennes 2019 : Un succès à relativiser

(Capture d'écran)

Il est possible de tirer quelques enseignements significatifs des résultats de l’élection européenne du 26 mai dernier pour la vie politique française d’abord. Pour la vie politique européenne ensuite.

Comme annoncé par les sondages, le Rassemblement national est arrivé en tête de l’élection européenne. Il s’agit sans aucun doute d’un succès pour la formation politique de Marine Le Pen. Un succès qu’il convient cependant de relativiser. Même s’il faut évidemment tenir compte de la participation bien plus élevée qu’en 2014 (50,12%), date du dernier scrutin européen, le Front national s’était alors déjà classé en première position mais avec un score plus élevé (24,86 % en 2014 contre 23,31% en 2019). Ensuite, il faut noter que l’écart reste assez mesuré avec la liste de La République en Marche (qui obtient 22,41) et ne permet pas d’envisager une véritable réussite du Rassemblement national lors d’une prochaine élection nationale. Marine Le Pen peut bien demander une dissolution de l’Assemblée nationale, il s’agit simplement d’une gesticulation politique qui n’a aucune chance d’être entendue. Enfin, si les partis nationalistes ont progressé en Europe comme attendu, on ne constate pas le raz-de-marée que l’on pouvait craindre. En fait, le parlement européen va devoir s’organiser sans majorité claire (la droite du Parti populaire européen et la gauche socialiste perdent des sièges à l’échelle européenne) mais, même dans ce cadre, les nationalistes restent toujours extrêmement minoritaires.

Autre enseignement du scrutin européen pour la France : dans l’esprit des électeurs, La République en Marche (LREM semble dorénavant se positionner au centre-droit. Deux faits électoraux permettent d’arriver à ce constat : le très faible score des Républicains (8,5% en 2019 contre 20,81 % pour l’UMP en 2014) qui concède une lourde  défaite (peu envisagée par les sondages) et qui conduit Laurent Wauquiez à admettre que « la reconstruction sera longue et exigeante » : des voix seraient donc passées des Républicains à LREM ; et la résistance de la gauche qui s’est présentée en ordre très dispersée, empêchant LREM de l’emporter. En particulier, la troisième place d’Europe Ecologie-Les Verts (avec 13,5 % en 2019 contre 8,95 % en 2014) témoigne d’un renforcement de la gauche écologique et sa tête de liste, Yannick Jadot, a beau jeu de parler d’une « vague verte » compte tenu de la percée réalisée par les Verts en Allemagne ;


La gauche qui s’est présentée en ordre dispersée a empêché LREM de l’emporter

mais la résistance de la liste du Parti socialiste (avec Place Publique), menée par Raphaël Glucksmann, est d’autant plus notable qu’elle est parvenue à passer devant La France insoumise (qui ne se classe que sixième avec un score catastrophique de 6,3%). Il faut également observer que le parti socialiste est arrivé très nettement en tête en Espagne ou encore que les travaillistes ont déjoué les sondages en parvenant à gagner aux Pays-Bas.

Comme en France, on peut constater un recul de l’abstention en Europe : avec plus de 50 % de votants, il s’agit du taux de participation le plus élevé depuis 20 ans. C’est donc avec une légitimité démocratique certaine que les députés européens vont prendre leurs fonctions. Gageons qu’ils sauront s’en servir pour agir. 


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