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24 Août 2019 | 23, Av 5779 | Mise à jour le 08/08/2019 à 12h19

Rubrique France/Politique

Albert Naccache : « Lorsque l’AFP fournit des informations erronées, elles sont reprises par tous »

(DR)

Docteur en Économie, enseignant au Panthéon et spécialiste des questions de politique internationale, Albert Naccache vient de publier une enquête en deux tomes, particulièrement étoffée, de ce que représentent le Hamas et le Hezbollah en France. Rencontre.

Actualité Juive : Vous avez analysé tout ce qui relève du soutien au Hamas et au Hezbollah en France. Qui sont ceux qui, depuis les années 2000, activent et exacerbent la haine contre Israël ? 

Albert Naccache : Ils sont présentés dans le premier tome de me recherches et autant reconnaître qu’ils sont très nombreux. Parmi les plus connus : Le « parti antisioniste » récemment interdit, l’UOIF (Union des Organisations Islamistes de France) qui regroupe quelque trois cents associations, Oumma.com, Capjpo Europalestine, le PIR… 

Ce n’est pas seulement la haine qui les guide, mais leur volonté de détruire Israël. Hassan Nasrallah répète vouloir frapper « au cœur », « liquider » l’État d’Israël. Il déclare : « Nous ne reconnaitrons jamais l’existence d’un État, d’un village ou même d’un hameau qui s’appellerait Israël, même si tous les Arabes le reconnaissaient». Tous ses supporters français ainsi que ceux du Hamas défendent les mêmes idées.  


A.J.: Vous pointez les nombreux cas de désinformation, concernant notamment des exactions qu'aurait commises l'armée israélienne. Rares ont été les mea culpa après que l'information publiée s’est avérée fausse. Comment expliquez-vous une telle impunité ? 

A.N. : Rappelons d’abord que la liberté de la Presse qui prévaut en France est une chose précieuse. Cela n’empêche pas la nécessité de fournir très rapidement de l’information. Et lorsque l’AFP fournit les informations erronées, elles sont reprises par tous.

Enfin certains journalistes sont des représentants de la gauche « culturelle » qui véhicule une image négative d’Israël. Citons notamment Pierre Barbancey pour l’Humanité, René Backmann pour Médiapart, Piotr Smolar pour Le Monde ou encore Cyrille Louis du Figaro. Il y a bien une certaine forme d’impunité mais, fort heureusement, la presse juive veille ainsi que des associations qui font un travail formidable. Je pense notamment à InfoEquitable.


A.J.: Quel intérêt ont, selon vous, les diplomates, hommes politiques, journalistes, professeurs, chercheurs que vous pointez comme étant des personnalités farouchement pro-palestiniennes, à promouvoir de façon aussi militante leur avis en France ? 

A.N. : Je distinguerai ces « compagnons de route » en trois catégories. « Les idiots utiles » qui, de bonne foi, s’engagent dans des combats qui contredisent leurs aspirations profondes. Les « opportunistes ». Élus, partis politiques en difficulté comme le PCF, presse à la santé précaire comme l’Humanité. Les « agents d’influence » qui sont des idéologues comme Raphaël Liogier, François Burgat, Edwy Plenel, Alain Gresh ou René Naba.

 

A.J.: Quelle est l'ampleur de la mouvance favorable au Hamas et au Hezbollah en France ? Continue-t-elle de prendre de l'ampleur ou les attentats commis en France ont sonné l'arrêt de leur développement ? 

A.N. : Mon propos est de montrer que cette mouvance prend beaucoup d’ampleur et que l’islamisme et le salafisme progressent. Avec des concepts trompeurs comme « le juste milieu », les islamistes développent une stratégie d’entrisme au sein de l’extrême gauche et du système politique français. 

Si les attentats sont condamnés formellement, le « politiquement correct » médiatique aboutit à un véritable déni qui consiste à éviter de faire référence à l’islam ou à l’islamisme pour les expliquer. 

Le refus de reconnaître la nature islamique du terrorisme de Daech se traduit par la prolifération d’analyses qui vont chercher ailleurs ses causes : nihilisme, capitalisme, impérialisme, libéralisme, mondialisation, laïcité, réponse à la politique étrangère française, islamophobie… 


« Une stratégie d’entrisme »


A.J.: Qui finance les soutiens du Hamas et du Hezbollah en France ? 

A.N. : Ce sont des financements qui proviennent de l’Iran, du Qatar ou de l’Arabie saoudite. L’essentiel du financement du Hezbollah, du Jihad islamique et du Hamas est assuré par le Corps des Gardiens de la Révolution islamique rattaché directement à l’Ayatollah Khamenei.

Le « Cercle des mouvements de libération » créé en 1980 par l’Iran a pour vocation de soutenir matériellement et foncièrement le Hezbollah, le Hamas, le Jihad islamique et le FPLP qui sont tous définis comme des mouvements terroristes par l’Union Européenne.

Le CSPPA « Comité de solidarité avec les prisonniers politiques arabes » défend Georges Ibrahim Abdallah connu pour des attentats organisés en France. 

Pascal Boniface s’était plaint dans un éditorial de la rumeur qui déferle sur les réseaux sociaux selon laquelle « l’Iris et/ou Pascal boniface est payé par le Qatar ». Pour faire taire la rumeur, il suffirait que l’Iris rende ses comptes publics.

Le paradoxe est que certains financements sont fournis par l’État et les organismes publics français. Citons la « Plateforme des ONG françaises pour la Palestine » qui accueille en son sein le CBSP qui est considéré comme une filiale du Hamas ou encore le cas du journal l’Humanité qui contribue à l’importation du conflit en France. 


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