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27 Mai 2019 | 22, Iyyar 5779 | Mise à jour le 22/05/2019 à 18h15

Rubrique Israël

Gaza : la guerre des Deux Jours

5 mai. Tirs israéliens à Rafah au sud de Gaza. (Flash90)

Les responsables de la défense israélienne avaient mis en garde contre une escalade pour le début du mois de mai. Ces deux jours de confrontation marquent une nouvelle étape vers un conflit inévitable.

La proximité des cérémonies de l'Indépendance et du concours de l'Eurovision en faisait une fenêtre privilégiée pour les terroristes de Gaza qui cherchent toutes les occasions de faire pression sur Israël et lui extorquer de nouvelles concessions. Sans compter l'imminence du mois de Ramadan, qui pousse le Hamas à exiger des mesures économiques pour sa population. Le Jihad islamique quant à lui veut à la fois sa part du gâteau et servir son patron iranien. 

Cette mécanique bien huilée de racket a déjà fait ses preuves à plusieurs reprises. La dernière en date remonte à moins de deux mois et avait permis aux islamistes palestiniens de monnayer le calme jusqu'aux élections israéliennes de début avril. Ce nouvel arrangement à court terme était donc arrivé à expiration. Dès le soir du 1er mai, le Jihad islamique tirait deux roquettes contre l'ouest du Néguev. Lors des émeutes hebdomadaires sur la barrière de sécurité deux jours plus tard, des tirs de snipers blessaient une soldate et un officier de Tsahal. La suite était prévisible : la riposte israélienne allait inévitablement entraîner une intensification des tirs palestiniens. Samedi matin, les premières salves de roquettes frappaient le pourtour de Gaza, poussant même jusqu'à Kyriat Gat, à une quarantaine de kilomètres du territoire palestinien côtier. 

En l'espace de 45 heures, près de 700 roquettes ont visé l'ouest du Néguev et ses principales localités de Sdérot à Beer Sheva, en passant par Ashkelon et Ashdod, qui a subi durant deux jours les bombardements parmi les plus intensifs qu'elle ait connus. Quatre Israéliens ont été tués et près de deux cents autres blessés, dont plusieurs grièvement. On a également enregistré d'importants dégâts matériels qui restent encore à chiffrer. Les batteries de défense aérienne Dôme de Fer ont effectué 240 interceptions, soit un peu moins de 90% des roquettes qui menaçaient directement des zones résidentielles, sachant que 70% des projectiles palestiniens sont tombés en zone inhabitée.

Dimanche, Binyamin Netanyahou confirmait qu'il avait donné ordre à Tsahal de poursuivre et d'intensifier ses frappes contre des objectifs terroristes à Gaza pour la deuxième journée consécutive. L'aviation de Tsahal a visé plus de 350 positions du Hamas et du Jihad islamique, y compris les résidences familiales de terroristes, utilisées aussi comme caches d'armes, des institutions et les domiciles de plusieurs responsables, qui les avaient désertés par précaution. Le bilan est de 25 tués côté palestinien. Mais surtout, pour la première fois depuis 2014, Israël a renoué avec les éliminations ciblées en visant un membre du Hamas, chargé du transfert des fonds iraniens aux organisations terroristes de Gaza.

Une nouvelle médiation de l'Egypte et de l'ONU permettait de conclure une trêve dans la nuit du 6 mai, sans que l'on sache pour combien de temps. « Il faut du sang-froid. Ce n'est pas terminé », a averti le Premier ministre israélien. 


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