Default profile photo

22 Septembre 2019 | 22, Elul 5779 | Mise à jour le 20/09/2019 à 14h02

Rubrique Israël

G.W. Goldnadel : Réflexions péri-électorales

(DR)

Le billet de la semaine par G.W. Goldnadel, Président de France-Israël et d’Avocats Sans Frontières.

Ainsi, Benjamin Netanyahou aura encore déjoué les prévisions autant que les malédictions. Plusieurs remarques peuvent et doivent être faites.

Sur le mode de scrutin électoral d'abord. Les partis orthodoxes ont remplacé l'extrême-droite laminée pour jouer le rôle du parti maître chanteur. Ils doivent cette promotion dans un rôle où ils ont déjà montré toute leur expertise à la proportionnelle intégrale qui valorise les petits partis charnières. Voilà qui devrait empêcher l'ancien et nouveau Premier ministre d'en faire à sa guise sur certains sujets sociétaux. Personne ne pourra persuader l'auteur de ces lignes qu’il ne s'agit pas là d'un système politique criminogène qui sélectionne les intrigants et les médiocres.

Le Parti travailliste et le Meretz sortent laminés de la consultation. En réalité, ce mouvement dextrogyre représente une lourde tendance mondiale. Les partis politiquement corrects qui ont les faveurs de la presse convenue et des artistes prétendument généreux ont désormais la défaveur populaire. On appellera cela du populisme. On peut aussi y voir un signe de maturité populaire contre la démagogie de la fausse générosité. Ainsi, à l'ère de l'émancipation, la démagogie n'habiterait pas le peuple mais l'élite prétendue.

Le centre de Benny Ganz et de Moshe Yaalon n'a pas démérité. Il semble là pour durer. C'est l'une des meilleures nouvelles pour un pays qui ne brille pas par le brio de son personnel politique, précisément en raison de son mode de recrutement. 

Reste M. Netanyahou. Au royaume des aveugles, on dit le borgne roi, mais Bibi a les deux yeux perçants et la langue bien pendue. Certes, celui-ci n'est pas en cours à Tel-Aviv mais dans celles de justice. Il a été abîmé par les affaires indépendamment d'une culpabilité qui n'est pour l'heure pas établie. Le système politique qui condamne au compromis condamne forcément à la compromission. Cela abîme les caractères les plus trempés, comme les âmes les plus nobles.

Si le bilan social montre tristement la misère des plus pauvres et les inégalités assez révoltantes dans un pays fondé sur la fraternité et l’immigration volontariste, il ne reste pas moins que ses résultats économiques et surtout diplomatiques sont exceptionnels. De l'Inde à la Chine, de l'Arabie Saoudite au Tchad, de la Russie à l'Amérique en passant par le Brésil.

Benjamin Netanyahou aura aussi multiplié les contacts ces derniers mois avec une droite européenne que l'idéologie de l'anti nazisme devenu fou, largement capitalisée électoralement par la gauche morale « antiraciste », avait peinte en brun. Transgressant son surmoi et les réticences d'une partie de l'établissement de la diaspora qui ne se caractérise pas par l'anticonformisme, le Premier ministre israélien a serré la main d'un Premier ministre autrichien allié à la droite dure. Ce qui n'est pas si facile psychologiquement dans un pays parlant allemand.


« Benjamin Netanyahou est décrié, forcément décrié, par une opinion médiatique désespérante de sottise et d'ignorance. »

 

Il a également serré la main de monsieur Orban dont certains philosémites à géopolitique variable considèrent qu'il se montre antisémite en critiquant le spéculateur mondialiste George Soros sans jamais pourtant avoir fait allusion à sa judéité. Quant à la paix, Benjamin Netanyahou est décrié, forcément décrié, par une opinion médiatique désespérante de sottise et d'ignorance. Mais force est de constater que ses prédécesseurs de gauche n'avaient pas fait mieux que lui. Cette opinion médiatique est évidemment incapable de réfléchir à la responsabilité de l’islamo-nationalisme palestinien dans l'absence de tout compromis politique territorial. Incapable de réfléchir à son irrédentisme congénital, à son antisémitisme héréditaire, à son fanatisme consubstantiel, à sa fascination culturelle pour la violence terroriste.

Si seulement un millième de l'esprit critique focalisé sur Israël était tourné vers la partie arabe palestinienne. Ce serait le plus beau cadeau qui serait fait au peuple arabe de Palestine et à la paix.

Mais l'église cathodique a la  générosité de son intelligence. Raison pourquoi plus personne n’y croit. 


Toute reproduction, totale ou partielle, de ce site ou d’un ou de plusieurs de ses composants, par quelque procédé que ce soit, sans autorisation expresse de son créateur, et interdite, (…) une contrefaçon sanctionnée par les articles L.335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.

Powered by Edreams Factory