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19 Novembre 2019 | 21, Heshvan 5780 | Mise à jour le 18/11/2019 à 10h46

Rubrique Israël

Gaza : routine précaire

Des camions de chargement traverse le terminal frontalier de Kerem Shalom entre Israël et Gaza . (Flash90.)

Israël et le Hamas s'observent après le match nul de la dernière éruption de violence sur le front sud.

Terminaux frontaliers avec Israël rouverts, zone de pêche rétablie, retour de l'émissaire du Qatar avec 30 millions de dollars : une semaine après le dernier cycle de violence entre le Hamas et Israël, tout semblait revenu à la normale. Une normalité bizarre et surtout précaire, puisque sur le fond, rien n'est réglé. Huit jours plus tôt, le sud d'Israël était la cible de près de 700 roquettes tirées depuis la Bande de Gaza en seulement 45 heures. Un déluge de feu qui a fait quatre victimes. Les cycles de violence se rapprochent, le précédent remontait seulement à la mi-mars. Cette fois, la riposte plus ferme de Tsahal pourrait faire espérer une accalmie un peu plus longue, mais à ce stade, ce n'est encore qu'une hypothèse. 

   Le Hamas n'a rien gagné de la nouvelle médiation de l'Egypte et de l'Onu, qui ne lui a permis que de revenir aux engagements précédents pris par Israël sur l'élargissement à 15 miles nautiques de la zone de pêche sur la côte de Gaza, une amélioration du trafic des marchandises et aussi le renforcement de l'aide financière du Qatar – 480 millions de dollars promis -  qui de toute façon ne passera pas par ses caisses. L'Egypte avait aussi menacé de fermer son poste-frontière de Rafah au sud du territoire côtier. Les pressions semblent avoir fonctionné, puisque les dernières manifestations du vendredi sur la barrière de sécurité n'ont mobilisé que 7000 personnes, même si les accrochages ont fait un tué palestinien et que des lancers de ballons incendiaires ont déclenché deux incendies en territoire israélien. 

   Les jours qui viennent s'annoncent pourtant sensibles. Tsahal reste d'ailleurs sur le qui-vive, alors que les Palestiniens marquent le 14 mai la journée de la Naqba, la « catastrophe » de la création de l'Etat d'Israël et que le concours de l'Eurovision, qui s'achève le 18 mai à Tel Aviv, demeure une cible de choix pour les organisations terroristes de Gaza. Sans compter la tension régionale qui monte, sur fond de bras de fer entre l'Iran et les Etats-Unis. Le Jihad islamique a déjà menacé de reprendre ses tirs, si Israël ne respecte pas ses engagements. Le Hamas quant à lui, assure qu'il ne laissera plus Israël fixer les règles du jeu. A propos des tirs de roquettes du début du mois, le numéro deux du mouvement islamiste palestinien a évoqué la « version réduite d'une guerre réduite », avertissant que ce n'était qu'un avant-goût de ce qu'Israël aurait à affronter s'il devait « renforcer son agression » contre les organisations terroristes de Gaza.

   Le Hamas est aussi au fait de la situation politique israélienne. A la tête de son gouvernement de transition, Binyamin Netanyahou est toujours détenteur du portefeuille de la Défense et en attendant la formation de la nouvelle coalition, il maintient sa ligne de prudence sur le front de Gaza. La nomination d'un nouveau ministre de la Défense ne devrait pas changer fondamentalement la donne si le Premier ministre israélien garde, comme il l'a fait jusqu'à présent, la haute main sur les affaires sécuritaires. 


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