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22 Septembre 2019 | 22, Elul 5779 | Mise à jour le 20/09/2019 à 14h02

Rubrique Israël

Guerre psychologique dans le Golfe

(DR)

Ni les Etats-Unis, ni l'Iran ne veulent d'une guerre. Mais dans la région, on s'inquiète d'une escalade qui pourrait devenir incontrôlable, alors que l'économie iranienne ploie de plus en plus sous les sanctions américaines.

La spirale peut-elle encore être inversée ? En quelques jours, la situation s'est considérablement dégradée. A la décision américaine de renforcer les sanctions économiques contre l'Iran, le régime des ayatollahs a réagi par un ultimatum aux Européens : faire annuler les mesures de Washington qui touchent ses secteurs bancaire et pétrolier, ou s'exposer au retrait partiel de l'Iran du JCPOA, l'accord de Vienne de 2015 sur son programme nucléaire. Les Iraniens menacent en effet de lever toute limite sur ses réserves d'uranium enrichi et d'eau lourde. Sans attendre la réponse européenne, les Etats-Unis ont déjà envoyé le porte-avion Avraham Lincoln dans le Golfe persique, déployé une batterie de missiles Patriot, des bombardiers        B-52 et un navire de guerre supplémentaire. Le président Trump a parallèlement annoncé qu'il mettait à la disposition des dirigeants iraniens une ligne téléphonique directe pour le joindre à tout moment. 

   Jusqu'à présent cependant, la politique de la carotte et du bâton du chef de la Maison Blanche n'a pas l'air de faire plier Téhéran. « Les Etats-Unis n'ont pas les moyens de mener une guerre contre l'Iran. L'envoi de leur porte-avions relève de la guerre psychologique » assurait le 12 mai le chef des Gardiens de la Révolution, ajoutant que si les Américains attaquaient l'Iran, ils seraient « frappés à la tête ». De son côté, le Secrétaire d'Etat américain avait promis que « les Etats-Unis ne resteraient pas les bras croisés si des milices pro-iraniennes s'en prenaient aux intérêts américains en Irak ou dans la région ».

   Cette nouvelle crispation vient s'ajouter aux tensions stratégiques qui avaient suivi la décision du président Trump en 2018 de retirer les Etats-Unis de l'accord de Vienne. Mais surtout, elle témoigne d'une nouvelle approche américaine, qui estime que l'Iran aurait renoncé à faire profil bas et à attendre l'élection d'un autre président à la Maison Blanche. Des responsables du renseignement américain ont même fait état de menaces imminentes contre des intérêts américains, qui auraient justifié ce durcissement. L'armée américaine a toujours 5 000 hommes déployés en Irak et les renseignements israéliens auraient de leur côté transmis à Washington des informations sur un projet d'attaque iranienne contre des raffineries de pétrole en Arabie Saoudite. Plusieurs navires et pétroliers navigant dans le Golfe ont déjà été la cible d'actes de sabotage.

   Pour l'instant, Israël n'est pas directement concerné. Mais à Jérusalem on n'oublie pas que l'Iran a aussi des pions dans cette partie de la région, que ce soit au Liban, en Syrie et bien évidemment à Gaza. Le ministre israélien Yuval Steinitz n'excluait pas le risque que l'Iran puisse tirer des roquettes contre Israël.

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