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16 Novembre 2019 | 18, Heshvan 5780 | Mise à jour le 13/11/2019 à 17h43

Rubrique Israël

Jérusalem : une cité au sommet

La marche des drapeaux aura bien lieu selon l’itinéraire prévu, et passera donc par le quartier musulman. (Flash90.)

Jérusalem fascine et impressionne. Ses habitants, comme ses visiteurs lui vouent des sentiments partagés. Jérusalem n'a jamais été une ville facile. Comme si tout en elle devait se mériter.

Cité capitale par excellence, ceux qui la reconnaissent comme telle savent pourtant qu'ils peuvent faire trembler le monde. Il y a un an, la cérémonie d'inauguration de l'ambassade des Etats-Unis dans le quartier d'Arnona s'était transformée en théâtre médiatique où les images de célébration étaient troublées par celles de la frontière de Gaza, où 60 « martyrs » du Hamas voulaient faire condamner par l'opinion planétaire la décision du président Trump d'y transférer sa représentation diplomatique. Un an plus tard, l'ambassade américaine a tenu bon, mais le « nouvel écrin dans l'antique Jérusalem » comme l'avait qualifié l'ambassadeur américain David Friedman, reste bien isolé, puisque seul le Guatemala a suivi son exemple. Le Honduras, le Brésil ou l'Australie ont encore à sauter réellement le pas, tout comme la Roumanie, la République Tchèque ou la Hongrie. Le Paraguay, après avoir changé de gouvernement, s'est empressé de renvoyer sa représentation à Tel Aviv. 

Mais il en faut plus pour décourager Jérusalem. La capitale israélienne redouble d'énergie et de nouveaux chantiers pour se moderniser et escompte bien ne plus être à la traîne du développement économique national. Pourtant, elle est toujours classée parmi les villes les plus pauvres du pays, où 21% de la population vit sous le seuil de pauvreté. Un chiffre à mettre en rapport avec les deux catégories les plus faibles de la population qui y sont représentées : les Juifs ultra-orthodoxes et les Arabes, représentant respectivement 34 et 25% des habitants. Difficile dans ces conditions de donner à Jérusalem les moyens de ses ambitions, celles de devenir un pôle d'attraction pour les entreprises et les acteurs économiques. Pourtant, même dans la capitale, le secteur du high-tech ne cesse de se développer grâce à des programmes d'encouragement, mais aussi parce qu'une société comme Mobileye n'a pas quitté Jérusalem, même après son rachat en 2017 par Intel pour la somme record de 15 milliards de dollars.



La capitale redouble d’énergie et de nouveaux chantiers pour se moderniser

Quant aux richesses de Jérusalem, elles ne sont pas uniquement matérielles. Ville sainte et centre spirituel, elle s'est édifiée sur des millénaires d'histoire humaine et religieuse. Entre yéchivot, universités et centres de réflexion, elle fourmille d'activité. Son patrimoine archéologique s'enrichit au fil des fouilles et des découvertes, meilleure réponse à tous ses détracteurs qui cherchent à lui dénier son histoire et son identité juives, comme en témoignent les multiples résolutions de l'Unesco. Il y a à peine quelques semaines, c'est dans le quartier de Malha qu'a été mis au jour le site d'un village juif vieux de deux mille ans et dont les habitants fournissaient à leurs voisins de la Cité de David les ressources dont ils avaient besoin pour se nourrir.

Depuis 1967, Jérusalem a retrouvé son unité, refermé la blessure béante qui l'avait amputée après la guerre d'Indépendance et rétabli sa souveraineté sur la vieille ville et le Mont du Temple. Même contestée, même hésitante à s'exprimer pleinement, cette souveraineté est pourtant une réalité. Celle que célébreront les milliers de jeunes qui défileront le 2 juin dans les rues de Jérusalem en faisant danser les drapeaux d'Israël. 


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