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22 Août 2019 | 21, Av 5779 | Mise à jour le 08/08/2019 à 12h19

Rubrique Israël

Les Israéliens retournent aux urnes

27 mai 2019. Les membres de l’assemblée votent pour la dissolution de la Knesset (FLASH 90)

Binyamin Netanyahou peine à concilier les points de vue divergents des ultra-orthodoxes et d'Avigdor Lieberman et pourrait faire dissoudre la Knesset fraîchement élue.

A l'heure où nous mettons sous presse, on ignore encore si Binyamin Netanyahou parviendra à former un gouvernement avant la date limite du 29 mai à 21 h. Si ce n'était pas le cas, l'organisation de nouvelles élections devrait être pour lui la seule option. Car, à l'issue du délai octroyé au Premier ministre sortant pour constituer un gouvernement, le président de l'Etat pourrait confier cette tâche à un leader de l'opposition ou même à un autre membre du Likoud, ce que M. Netanyahou ne peut accepter. 

Le Likoud a initié dès le 26 mai le vote accéléré d'une loi de dissolution de la Knesset susceptible d'être adoptée définitivement le 29 mai. Le scrutin devrait alors se tenir le 17 septembre. 

Au lendemain des élections du 9 avril, Binyamin Netanyahou semblait être le seul dirigeant en mesure de former un gouvernement. Les partis de droite et les formations religieuses disposaient en effet de 65 sièges sur 120 à la Knesset, lui assurant une majorité confortable. C'était sans compter sur la multiplicité des petits partis et sur leur hétérogénéité. Si le Likoud disposait de 35 mandats, ses alliés se répartissaient en cinq formations aux idéologies parfois divergentes. 

Les négociations lancées à la mi-avril se sont révélées particulièrement difficiles et le Likoud n'a pas réussi à signer le moindre accord de coalition avec ses partenaires potentiels. Tous les partis attendaient la dernière minute pour faire monter la pression et maximiser leurs gains. 

Mais le vrai problème n'était pas là. Forts de leur succès aux élections, les ultra-orthodoxes de Yahadout Hatora, soutenus par Shass, ont présenté des exigences dont certaines étaient inacceptables pour Avigdor Lieberman et son parti russophone, Israël Beteinou. Le débat s'est cristallisé autour de la loi sur la conscription des étudiants des yeshivot, adoptée en première lecture en 2018, dont Yahadout Hatora a exigé la modification partielle.

C'est un sujet sur lequel M. Lieberman a refusé de transiger. Les Harédim ont fini par accepter un compromis proposé par M. Netanyahou mais le leader d'Israël Beteinou l'a rejeté sans appel.  Les commentateurs s'interrogent sur les motivations de M. Lieberman, une personnalité complexe et changeante dont le comportement est souvent imprévisible. 

Selon le premier sondage publié, la droite pourrait sortir renforcée de ces élections mais risquerait de rencontrer les mêmes difficultés qu'aujourd'hui pour former une coalition. 

Une chose est sûre, M. Netanyahou sort affaibli de cette crise. Il semble avoir perdu une partie de son emprise sur le monde politique israélien, sans doute à cause des affaires dans lesquelles il pourrait être inculpé en octobre. 

Une alliance avec le parti centriste Bleu-Blanc de Benny Gantz semble exclue pour le moment car cette formation axe toute son action politique sur une campagne visant à discréditer et à faire tomber l'actuel Premier ministre.


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