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21 Juillet 2019 | 18, Tammuz 5779 | Mise à jour le 17/07/2019 à 18h17

Rubrique Judaïsme

Pirké Avot (Chapitre2) : Se préserver de la faute

C’est une expression que l’on retrouve fréquemment dans la bouche de nos Maîtres. Pour définir le sage, le Talmud le décrit comme celui « qui voit ce qui naiî », « harohé eth hanolad ». De prime abord, on peut s’étonner du rapport existant entre la capacité à voir le devenir des choses et la sagesse ! Mais il y a plus. Dans le second chapitre des Pirké Avoth, Rabbi Chimone ben Nétanel est défini, par son Maître, comme un homme « craignant la faute » et ce même Rabbi Chimone affirme, un peu plus loin, que le chemin idéal à suivre est le fait de « voir ce qui naît ». Il nous faudra comprendre le lien entre ces deux définitions.

Quand le mauvais penchant veut inciter l’homme à commettre une faute, il lui fait miroiter le profit et le plaisir qu’il peut tirer de l’acte interdit. Mais celui qui voit ce qui va naître de la faute (c'est-à-dire la conséquence de son acte) ne pourra pas fauter : au début, la faute procure un intérêt mais la perspective finale est mauvaise.  La vision finale de la faute ne le fera pas fauter.


Craindre la faute ou le châtiment ?

Arrêtons-nous un instant sur les termes employés par la Michna. Rabbi Chimone est qualifié par son Maître de « craignant la faute ». Cet homme ne craint pas le châtiment suite à la faute mais la faute elle-même. Quand un homme craint la faute, cela signifie qu’il a peur de se détacher de D.ieu. Il redoute le défaut spirituel qu’un acte interdit peut entraîner dans sa con 

science. La crainte du châtiment, en revanche, peut s’accommoder de la faute : on peut être puni pour une faute mais cette punition peut venir plus tard ! Dans l’instant, pourquoi ne pas fauter ? Et de plus, on peut toujours se repentir, faire Téchouva ! Celui qui craint la faute ne fera pas tous ces calculs. La peur de s’éloigner de D.ieu l’arrêtera net dans un quelconque élan négatif parce qu’il aura vu ce qui va naître de son acte. 


Un nouveau monde

Il est intéressant de noter que la Michna utilise le terme de « voir » (ce qui est en train de naître) et non « comprendre ». On ne nous demande pas de comprendre la conséquence de nos actes par une réflexion mais de les voir, c'est-à-dire de s’imaginer physiquement ce qui peut advenir de nous après une faute.  Et cette concrétisation renforcera notre conviction. Ajoutons ce dernier point. Nos Maîtres expliquent que la création du monde n’est pas une donnée temporelle fixe du passé. D.ieu a, certes, créé le monde il y a 5772 ans mais cette création se renouvelle à chaque instant. Le monde est sur le point de disparaître mais D.ieu lui donne, en permanence,  une nouvelle vie. Cette idée nous est donnée en allusion, ici, avec les mots « Voir ce que est en train de naître ». Quand un homme arrive au degré de ressentir que la création se renouvelle à chaque instant et qu’elle est donc fragilisée, peut-on encore fauter ? 


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