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20 Octobre 2019 | 21, Tishri 5780 | Mise à jour le 18/10/2019 à 12h54

Rubrique Judaïsme

Paracha Béhar  5779: La foi qui dépasse la nature

(flash90.)

Dans l’esprit de la croyance populaire, la mitzva de croire en D.ieu s’inscrit dans un registre des plus simplistes : croire en D.ieu, c’est la conviction de l’existence d’un créateur du monde. Toutefois à la lecture de notre paracha, nos commentateurs dégageront des versets qui la composent, une mitzva bien différente : croire en D.ieu, c’est avant tout, s’attacher au créateur sans tenir compte de la logique que nous impose le monde.

Le début de notre paracha nous enseigne la mitzva de la Chémita qui consiste, à l’issue de six années de travail des champs, à ne plus travailler la terre, afin de se consacrer à D.ieu (par l’étude de la Thora) durant la septième année. Mais au-delà de cet intérêt « intellectuel », les principaux commentateurs du texte biblique expliquent que cette septième année a pour but de fortifier en nous notre croyance dans le créateur du monde : durant six ans, nous nous sommes nourris de la terre par nos efforts quotidiens. Puis la septième année, sans toucher la terre, nous exprimons notre conviction que D.ieu continuera à nous prodiguer notre gagne-pain.


Deux niveaux

Cette conviction, on l’aura compris, dépasse le cadre de la logique mais c’est pourtant là que s’exprime la foi d’un Juif : dans une dimension absolue, il bouscule les règles de la nature pour s’attacher au Créateur. Dans cette perspective, il existe deux niveaux dans la foi qui nous conduiront vers une conception très audacieuse de cette mitzva. 


Une nature sans valeur

Le monde est fait de milliers de canaux par lesquels D.ieu dispense Sa bénédiction. Ainsi, pour que l’homme puisse se nourrir, il faut irriguer les champs, semer des graines, labourer, récolter, etc. Dans un premier temps, la foi c’est la conviction profonde que D.ieu n’arrêtera jamais de nourrir le monde par ces canaux. Plus cette certitude est authentique et ancrée au fond de la personnalité juive, plus la bénédiction sera grande. C’est là un niveau premier de la foi juive qui est certes, très élevé, mais qui n’est pas celui que l’on attend d’un Juif parce que dans cette situation, on accorde une certaine importance à la nature et à ses manifestations. La foi véritable en D.ieu s’exprime quand le Juif n’accorde aucune importance à la nature. Il va travailler sa terre, labourer, semer, non parce que la bénédiction passe par ses gestes mais parce que D.ieu lui demande d’agir ainsi. Profondément, il sait que D.ieu donnera, non parce qu’il aura mis de bonnes graines ou parce que le climat sera bon mais parce que c’est Lui seul qui décide en fonction de nos mérites ou pour d’autres raisons que Lui seul connaît. Aucune démarche logique ne préside à son action : il obéit à D.ieu sans chercher à comprendre pourquoi telles graines ou telle quantité d’eau seront bonnes pour la terre parce qu’il est convaincu que c’est D.ieu seul qui le nourrira. Même si aucun élément naturel ne peut (logiquement) favoriser une bonne récolte. 

Cette option nous permettra de comprendre un fait singulier rapporté par la Thora. Le Midrach nous rapporte que sept jours après la sortie d’Egypte, la mer des Joncs empêchait les enfants d’Israël de poursuivre leur route vers le mont Sinaï. Pourtant la mer s’ouvrit grâce à un homme, Na’hchone ben Aminadav, qui avança à travers les flots. Là aussi, c’est la même foi qui guida cet homme. Il mit de côté la nature qui s’imposait devant lui pour ne tenir compte que de l’ordre divin, même si cet ordre contrevenait aux règles de la nature que D.ieu Lui-même avait fixées. L’essentiel était de s’attacher à D.ieu. 


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