Default profile photo

23 Août 2019 | 22, Av 5779 | Mise à jour le 08/08/2019 à 12h19

Rubrique Sport

FOOTBALL : Tottenham, un passé juif qui lui colle au maillot

(DR)

Qualifié pour la finale de la Ligue des champions, le club anglais cultive depuis toujours un fort sentiment d'appartenance à la communauté juive londonienne.

Demi-finale retour de la Ligue des champions, la semaine dernière. En véritable roi du suspense, Tottenham finissait par anéantir les derniers espoirs de l'Ajax en s'imposant sur le fil sur la pelouse de la Cruyff Arena d'Amsterdam. Cette double confrontation, qui a tenu en haleine toute l'Europe du football, mettait aux prises deux clubs cultivant des racines juives. "Tottenham et l’Ajax sont deux clubs non juifs, mais installés dans des quartiers qui comptaient de nombreux juifs, a expliqué au journal Le Monde Simon Kupper, correspondant du Financial Times à Paris et auteur d’«Ajax, the Dutch, the War». Les juifs ont utilisé ces clubs pour s’intégrer dans la société. Être fan de Tottenham ou de l’Ajax était aussi une manière de devenir londonien ou amstellodamois. »

   Fuyant les pogroms en Russie à la fin du XIXe siècle, des millions de juifs ont trouvé refuge à Londres, dans l'est de la ville. Seulement, ils auraient dû supporter West Ham plutôt que Tottenham, situé dans le nord de la capitale anglaise. « West Ham était situé dans le quartier des docks, on y travaillait aussi le fer. Les juifs, eux, travaillaient dans un autre domaine d’activité, majoritairement dans le textile. West Ham était donc un club pour les dockers, pas pour les tailleurs juifs. Tottenham était un club plus ouvert que West Ham pour les communautés étrangères. Il était simple de se rendre au stade en tramway et, avec le temps, de nombreux juifs se sont aussi installés au nord. Ils se sont donc mis à supporter Tottenham », détaille Anthony Clavane, auteur de l’ouvrage «Does your Rabbi know you’re here ?» un livre sur l’histoire et l’impact de la communauté juive au sein du football anglais.

   Ce n'est qu'au sortir de la première guerre mondiale que les juifs, nés en Angleterre, prirent l'habitude de garnir les tribunes de White Harte Lane. « Avant la guerre, la majorité des membres de la communauté juive était très pieuse. Ils ne jouaient pas au foot et n’allaient pas au stade pendant chabbat. Après la guerre, les juifs sont devenus plus séculiers, moins pratiquants », poursuit Anthony Clavane.

   En Angleterre, certains fans de Chelsea, et d’autres clubs rivaux des Spurs, se sont mis à utiliser le terme antisémite de « Yids » pour nommer les supporteurs de Tottenham. Ces derniers décidèrent alors de se réapproprier ce mot de façon positive. « We are the Yids ! » est alors repris en chœur. Samedi 1er juin, à Madrid, en finale de la C1 face à Liverpool, le club présidé par Daniel Levy tentera de soulever pour la première fois de son histoire la "Coupe aux Grandes Oreilles". 


Toute reproduction, totale ou partielle, de ce site ou d’un ou de plusieurs de ses composants, par quelque procédé que ce soit, sans autorisation expresse de son créateur, et interdite, (…) une contrefaçon sanctionnée par les articles L.335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.

Powered by Edreams Factory