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23 Septembre 2019 | 23, Elul 5779 | Mise à jour le 23/09/2019 à 15h27

Rubrique Communauté

Jérémie Haddad : « Le salut existe en dehors d’Israël pour les Juifs »

CAPTURE D’ECRAN

Le 4e numéro du trimestriel l’Éclaireur analyse en profondeur la relation entre Israël et le Juif de Diaspora, ainsi que l’identité de ce dernier. Rencontre avec son rédacteur en chef, aussi président des EI.

Actualite Juive: Quelle est la ligne éditoriale de l’Éclaireur ?

Jérémie Haddad : Nous avons créé cette revue en partant d’un double constat. Celui, d’une part, que le niveau de réflexion de pensée juive au sein de la communauté juive française était plutôt faible par rapport à Israël ou aux États-Unis. Celui, aussi qu’un certain nombre de personnes particulièrement intéressantes écrivaient de leur côté sans avoir de plateforme d’expression ou de diffusion. Du fait du positionnement des Éclaireurs Israélites, à la fois pluraliste et indépendant d’un point de vue idéologique et eu égard à notre histoire, en particulier la création de l’École d’Orsay, nous avons décidé de lancer l’Éclaireur. Les retours des trois premiers numéros ont été extrêmement positifs. Pour l’instant, ce sont les EI qui prennent en charge financièrement la revue. À terme, notre objectif est de pouvoir la financer grâce aux abonnements ou à des aides de mécènes privés et de fondations pour lui donner une pérennité financière et garder la qualité de ce positionnement.


A.J.: Out of Israël, le titre du 4e numéro, interroge le lien entre Israël et la Diaspora. Comment l’avez-vous abordé ? 

J.H. : Le Juif a été, par définition, diasporique jusqu’en 1948. Une fois créé, l’État d’Israël a d’abord été un État menacé et fragile. Le basculement s’est produit ces dernières années avec le développement d’un État d’Israël, devenu de plus en plus fort et mature. D’un autre côté, une menace est arrivée sur les Juifs de Diaspora, de France, comme d’ailleurs. Cela pose la question de savoir si dans cette nouvelle configuration, les Juifs de Diaspora ne sont pas devenus que des réservoirs potentiels d’Alyah. Ce thème nous a été soumis par le professeur israélien Denis Charbit qui explique et perçoit le manque de subtilité dans cette vision des Juifs de Diaspora. Ces communautés de Diaspora ont pourtant une dimension positive dans leurs échanges avec Israël. Une dimension positive aussi pour le judaïsme entre les Juifs du pays et la culture environnante. Ce sont-là autant d’aspects qui sont gommés par le dogme selon lequel tous les Juifs de Diaspora auraient vocation à finir en Israël. Aux EI, quand nous observons l’épanouissement de nos jeunes sur le terrain, nous sommes convaincus de l’existence d’un salut en dehors d’Israël pour les Juifs, dotés d’une identité juive très forte, afin qu’ils puissent la développer et la transmettre. 


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