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23 Septembre 2019 | 23, Elul 5779 | Mise à jour le 23/09/2019 à 15h27

Rubrique Communauté

Femmes et judaïsme à Troyes : Les « Filles de Rachi » pour la première fois réunies

Toutes les tendances religieuses étaient représentées avec respect et bienveillance. (Jean-David Bensaïd)

C’est sur le thème « Femmes et leadership dans le judaïsme » que s’est déroulé à Troyes du 16 au 18 juin le premier Congrès mondial des « Filles de Rachi » avec une vingtaine de femmes versées dans l’étude de la Torah.

Elles sont venues de Paris, Jérusalem, Los Angeles ou Londres ; elles appartiennent au monde orthodoxe ou aux courants libéral ou massorti ; elles sont rabbins (Floriane Chinsky, Delphine Horvilleur, Pauline Bebe...), professeur d’hébreu (Rosine Cohen), psychanalyste (Joëlle Bernheim), sociologue (Dominique Schnapper). La vingtaine de femmes invitées ont étudié, réfléchi et débattu dans un lieu hautement symbolique : la synagogue de la Maison Rachi, un espace muséal dédié au grand Rachi de Troyes (1040-1105) fondé en 2017 sous l’impulsion de René Pitoun. 

« Je trouve magique que des échanges de qualité aient pu se produire entre des femmes de tendances si diverses mais unies par leur amour du judaïsme. Il y a eu des désaccords mais aucun débat houleux », se réjouit Manon Brissaud-Frenk, chargée de développement à la Maison Rachi qui a fait connaître dans les nombreux médias français qui ont couvert l’événement, cette formule de Rachi sur l’étude des femmes : « Si elles le désirent, rien ne saurait les en empêcher ». Manon Brissaud-Frenk précise toutefois que les recommandations halakhiques du grand rabbin de France Haïm Korsia ont toutes été suivies. Ainsi les offices avec lecture de la Torah ont eu lieu dans la bibliothèque de la Maison Rachi et pas dans la synagogue-même.

Quelque quatre-vingts personnes, des femmes concernées par l’étude pour l’essentiel, ont assisté aux cinq ateliers « Bible », « Midrash », « Halakha », « Talmud », « Spiritualité » qui étaient animés chaque fois par trois femmes. Mais lundi soir à la mairie de Troyes, plus de deux cents personnes ont assisté à la conférence donnée par l’écrivain californienne Magie Anton, Delphine Horvilleur, Simon-Nahum et Dominique Schnapper. Elles ont débattu autour d’une lourde question : « Les femmes doivent-elles désobéir pour être leaders ? ».

Le français fut la langue de la plupart des interventions, un point important pour les organisateurs. « Nous souhaitons replacer la langue française dans ce débat qui est beaucoup plus dynamique dans le monde anglo-saxon », résume Manon Brissaud-Frenk. Une nouvelle édition des « Filles de Rachi » devrait avoir lieu dans deux ans. En attendant un documentaire vidéo restituera bientôt les moments forts de ces journées. Un livre conçu à partir des interventions et dont les pages seront construites comme une page de Talmud, est également en projet. 


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