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23 Septembre 2019 | 23, Elul 5779 | Mise à jour le 23/09/2019 à 15h27

Rubrique Culture/Télé

Elie Chouraqui : «Chaque journée que je passe en Israël est une journée merveilleuse»

Elie Chouraqui, Johanne Toledano et Bernard Bitan en pleine répétition. Crédit : OVLAC.

On connaissait Elie, le brillant cinéaste derrière sa caméra, le journaliste pertinent sur les plateaux de I24news, à présent nous le découvrons, pour la première fois, sur les planches. Dans «L'héritage d'Ana», une pièce d'Annick Perez qui sera jouée en Israël où Elie Chouraqui vit désormais. A cette occasion, il a accepté de se dévoiler « sans interdit ».

Actualité juive: Qu'est-ce qui vous a décidé à monter sur scène ?

Elie Chouraqui : Quand l'homme voit la montagne il l'escalade. C'est un peu ce que j'ai fait. Annick m'a d'abord proposé de faire l'adaptation de la pièce et de la mettre en scène. « Pourquoi n'y joueriez-vous pas ? », m'a-t-elle lancé un jour. J'avoue que cela faisait longtemps que j'avais envie de monter sur scène mais j'appréhendais. Ce n'est pas comme au cinéma où l'on peut rejouer la scène, le théâtre c'est un face à face avec un public, il n'y a pas de place à l'erreur. Mais je me suis senti prêt d'autant plus que j'ai beaucoup d'empathie avec Gary Brooker, le personnage que j'incarne. Le compositeur d'un des plus grands tubes de tous les temps, A Whiter Shade of Pale. 


A.J.: En quoi cette pièce vous a-t-elle touché ?

E.C. : C'est une pièce sur la création. Le moment de la création d'une chanson, comme dans la pièce, ou d'un film, est toujours un moment très délicat, émouvant, extraordinaire qui m'a toujours fasciné. C'est aussi l'histoire d'un homme qui n'a composé qu'un seul chef d'œuvre et qui s'interroge sur lui-même. Sa rencontre avec une jeune femme va lui apporter des réponses. Il s'agit d'une rencontre bouleversante, d'un rapport amoureux mais aussi d'un rapport père-fille. Deux rapports que je connais bien et qui me touchent. 


A.J.: Un livre, une pièce, une école de comédiens.Vous êtes infatigable…

E.C. : Pendant certaines périodes de ma vie, je me suis retiré, j'étais plus dans la réflexion. En ce moment j'ai envie d'action. J'ai donc écrit un livre sorti il y a quelques semaines. Le dictionnaire de ma vie. Je lance le Studio de l'Acteur Elie Chouraqui, qui développe deux séries passionnantes et prépare deux films.


A.J.: Quel regard portez-vous sur la création israélienne ?

E.C. : Israël bénéficie de quelque chose d'extraordinaire, la nouveauté. Les sujets que l'on traite ici, par exemple dans les films, ne peuvent l'être nulle part ailleurs. Les artistes israéliens ont une épaisseur extraordinaire. Une vision universelle, emplie d'humour, parfois décapant. Une résilience certaine après la Shoah, mais aussi la tragédie que vivent au quotidien les Israéliens et le climat de tension qui règne dans le pays. 


A.J.: Vous avez fait votre alyah il y a deux ans et demi. Quelles ont été vos motivations ? 

E.C. : Je savais depuis longtemps qu'un jour je vivrai en Israël. Il s'est passé en France certaines choses que je ne comprenais pas. Par exemple, j'avais du mal à concevoir un deuxième tour des présidentielles Marine Le Pen/Jean-Luc Mélenchon. D'autre part, j'ai senti la montée d'une sorte d'antisémitisme banal dans les milieux au sein desquels j'évoluais. Un jour je me suis réveillé, las des coups durs et des crachats, avec l'envie d'aller voir ce qui se passait dans mon deuxième pays, Israël. Et j'y ai trouvé la douceur de vivre, le plaisir de chaque instant. Chaque journée que j'y passe est une journée merveilleuse. Mais j'aime toujours profondément la France.


A.J.: Il y a 20 ans, vous avez été l'un des premiers lanceurs d'alerte sur les dangers de l'islam radical avec notamment votre documentaire « Antisémitisme : La Parole Libérée » tourné en partie dans des classes de collèges de banlieue. Vous étiez inquiet et vous le demeurez comme on a pu le constater dans votre enquête sur l'antisémitisme en France diffusée il y a quelques mois.  Estimez-vous que l'Ecole de la République a failli à sa mission ?

E.C. : Oui, mais elle a failli à cause du laxisme des dirigeants qui ont préféré pratiquer la politique de l'autruche plutôt que d'affronter la réalité en face. Ils ont abandonné les banlieues et les professeurs qui seuls ne pouvaient pas gagner le combat. On a dénigré, même dans les médias, Georges Bensoussan ou moi, et autres lanceurs d'alerte qui ont dit « Attention, la République est en danger à cause d'imams auto-proclamés qui essaient d'entraîner nos jeunes Français musulmans dans des guerres avec lesquelles ils n'ont rien à voir ». 


A.J.: 20 ans après diriez-vous qu'il y a enfin une prise de conscience ? 

E.C. : Oui, je pense qu'il y a une réaction chez les dirigeants. Un réveil. A présent il faut passer à l'acte sans toutefois mettre tous les musulmans dans un même moule. Et surtout ne plus être laxiste sous prétexte des Droits de l'Homme. Et en finir avec la culpabilité d'islamophobie qui interdit toute parole ou toute action contre l'islam radical. Une culpabilité dont ont profité les mouvements islamistes radicaux pour se développer en France. Nous sommes dans une guerre déclarée par l'islam radical, il faut donc se battre et nous protéger. l


«L'héritage d'Ana » d'Annick Perez avec Elie Chouraqui, Johanne Tolédano, Bernard Bitan, Judith Mergui 

30 Juin à Jérusalem - 1er Juillet à Tel Aviv - 3 Juillet à Ashdod. Réservations  https://isratickets.com/


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