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26 Juin 2019 | 23, Sivan 5779 | Mise à jour le 24/06/2019 à 14h53

Rubrique Israël

Dissolution de la Knesset : remake ou big bang ?

(Flash90.)

Les Israéliens retourneront aux urnes le 17 septembre. Ces deuxièmes législatives en six mois seront une session de rattrapage où les partis tenteront de conserver leurs acquis ou de corriger leurs erreurs. Une situation inédite qui pourrait d'abord secouer les appareils politiques.

Sur le principe, tout le monde est d'accord : le scénario de la dissolution de la Knesset n'aurait jamais dû se réaliser. C'est d'ailleurs une première dans l'histoire politique d'Israël, où l'élu désigné par le chef de l'Etat pour former le nouveau gouvernement préfère de nouvelles élections plutôt que de passer la main. Pour mémoire, au soir du   9 avril, le Likoud et la liste centriste Bleu Blanc avaient fini la course à égalité, avec   35 sièges chacun. Binyamin Netanyahou avait misé sur un bloc de droite majoritaire, qui lui permettrait de prendre la tête de son cinquième gouvernement.  Le choc frontal entre le patron du Likoud et le leader d'Israël Beitenou, Avigdor Lieberman, a fait exploser les tractations, le premier se retrouvant dans l'incapacité d'arriver à une majorité au parlement sans les cinq sièges du second. 

Le Premier ministre israélien, encore incontesté à la tête du Likoud, doit améliorer sa performance s'il ne veut pas dépendre à nouveau d'un petit parti, qui l'empêcherait de réunir une majorité parlementaire. Il compte notamment sur le retour au Likoud des quatre élus de Koulanou, pour renforcer le score de son parti en septembre. Si l'on voit mal à ce stade comment le Likoud pourrait de nouveau envisager une alliance avec le parti d'Avigdor Lieberman, la recomposition des forces de droite pourrait elle aussi changer la donne.


Recomposition des forces

Seules les formations orthodoxes avaient préservé leurs forces. Le parti sioniste religieux Habayit Hayehudi, qui avait accepté, sous la pression de Binyamin Netanyahou, de faire course commune avec la droite ultranationaliste sur la liste de l'Union des Partis de droite, cherchera probablement à reprendre le contrôle. Et les couteaux sont déjà tirés. Ses deux transfuges, Ayelet Shaked et Naftali Bennett, qui avaient monté leur propre parti, la Nouvelle Droite, n'avaient même pas atteint le seuil de représentativité et viennent d'être limogés du gouvernement par Netanyahou. Ils ne laisseront pas passer leur deuxième chance de retrouver la Knesset, même si Bennett doit céder la première place à Shaked, de son côté déjà courtisée par le Likoud.

Au centre-gauche, Bleu Blanc a passé son baptême du feu. Aucun de ses élus ne s'est laissé débaucher par le Likoud, même en échange de portefeuilles ministériels. Et ses quatre patrons semblent prêts à proroger leur accord qui donne la direction de l'attelage à Benny Gantz. La question pour la liste centriste est de savoir comment elle pourra cette fois doubler le Likoud. Une alliance électorale avec le parti Travailliste est une option, si le parti socio-démocrate, qui devrait se choisir un nouveau leader, ne préfère pas un pacte sur sa gauche avec le Meretz. Les deux partis de la gauche israélienne jouent en effet leur survie politique. Quant aux partis arabes, ils pourraient eux aussi tirer les leçons du scrutin d'avril en revenant à une liste unique. La campagne s'annonce en tout cas encore plus impitoyable que la précédente. 


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