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23 Août 2019 | 22, Av 5779 | Mise à jour le 08/08/2019 à 12h19

Rubrique Israël

Semaine du Livre Hébraïque en Israël : Le respect du livre

(DR)

Le livre a indéniablement un caractère sacré dans le Judaïsme. Notamment les livres saints. La Torah bien sûr mais aussi la Michnah et toute la littérature juridique et exégétique.

Le livre devient un élément capital du peuple juif quand le Second Temple est détruit, en 70 après J.-C. et que les communautés se retrouvent privées d'un lieu de culte fédérateur. Elles se concentrent alors de plus en plus sur les textes qu'elles ne cessent d'interpréter, de commenter, transformant une religion du culte en une religion de débat comme l'explique dans son livre « Le Peuple du Livre » le professeur Moshé Halbertal philosophe et écrivain israélien expert reconnu de Maïmonide. 

Et puis le livre est transportable, même pendant les fuites, les expulsions, le nomadisme.

La Halakha ordonne de respecter le Livre. Interdiction de jeter un livre saint au sol et obligation de l'enterrer lorsqu'il est usé. La Kabbale lui attribue même une force spirituelle qui aide l'homme à avancer, à grandir. 

Le lien du peuple d'Israël avec les livres saints s'est étendu au-delà du sacré. Cette Semaine du Livre Hébraïque visitée chaque année par des centaines de milliers d'Israéliens l'atteste. Tout n'est que livre ou autour du livre. Cependant sommes-nous toujours dignes de l'appellation de Peuple du Livre ?

Oui, si l'on se réfère à la quantité. Le virtuel n'a pas eu raison du papier. Les Israéliens achètent de plus en plus de livres. Plus de 4 millions chaque année. Ce qui place l'Etat hébreu dans le haut du classement par nombre de livres vendus par habitant. Et 4 000 nouveaux ouvrages publiés en hébreu annuellement. Si en termes de chiffres, nous pouvons continuer à nous enorgueillir d'être le Peuple du Livre, « au niveau qualitatif, ce n'est pas le cas », confie Arik Glasner, écrivain et critique littéraire du Yedihot Ahronot, que nous avons rencontré. Pour lui la littérature hébraïque n'a pas la place que d'autres littératures occupent dans d'autres cultures, par exemple en France, en Angleterre ou en Norvège. L’expérience israélienne est très philistine, très matérialiste affirme-t-il et ce pour des raisons tout à fait légitimes. Les Israéliens font face à de nombreuses angoisses et l'activité spirituelle est toujours considérée comme un luxe. La preuve qu'il est très difficile de trouver des classiques hébraïques dans les librairies. Ce qui est proposé est principalement ce qui a été publié ces deux dernières années. Il y a peu de mémoire culturelle et de respect pour le patrimoine littéraire classique. Cependant, les personnes associées à la culture religieuse - au centre de laquelle se trouve un livre, le Livre des livres - évoluent encore massivement dans le monde de Gutenberg.


Le lien du peuple juif avec les livres saints s’est étendu au-delà du sacré

Cependant, et c'est indéniable, la littérature israélienne a acquis ses lettres de noblesse à l'étranger. David Grossman, prix Médicis étranger 2011 avec Une femme fuyant l’annonce. Amoz Oz et Edgar Keret dont les œuvres sont traduites dans 40 pays. Shay Agnon mais aussi Aharon Apelfeld, l’écrivain universel et incontournable de l’inénarrable « la Shoah ». Meir Shalev publié chez Gallimard.  A la 7e édition du Festival des Ecrivains Mishkenot Sha’ananim, au mois de mai, écrivains, agents littéraires et éditeurs du monde entier ont croisé pendant 5 jours à Jérusalem les auteurs israéliens les plus renommés. On y a vu le Français Eric Vuilliard venu présenter « l'Ordre du Jour » – Prix Goncourt 2017- qui vient d'être traduit en hébreu. Et l'éditeur Gilles Cohen-Solal, qui confiait son amour pour les auteurs israéliens, car ils sont courageux, prennent des risques et narrent des histoires inédites, venu feuilleter les nouvelles pages de la littérature israélienne et découvrir de nouveaux talents. 


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