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18 Juillet 2019 | 15, Tammuz 5779 | Mise à jour le 17/07/2019 à 18h17

Rubrique Israël

Aurore Bergé : « Multiplier ce type de rencontre et de dialogue franco-israéliens me paraît essentiel »

(DR)

Nommée le 21 mai dernier présidente du groupe d’amitié France-Israël à l’Assemblée nationale, la députée des Yvelines et porte-parole de la République en marche explique pourquoi et comment des sujets tels que l’innovation sociale peuvent permettre un rapprochement politique entre les deux pays.

Actualité juive: Le colloque « Israel Social Start-Up Nation. Les innovations au service de la solidarité, quels modèles pour demain ? » s’est déroulé cette semaine à l’Assemblée nationale. Quel est le rôle du groupe d’amitié parlementaire dans ces échanges de bonnes pratiques entre la France et Israël ? 

Aurore Bergé : Notre groupe a été sollicité à la fois par l’ambassadrice d’Israël en France ainsi que par le groupe SOS, groupe solidaire qui permet un certain nombre d’innovations sociales dans notre pays. La vocation d’un groupe d’amitié est de faire connaître ce qui se passe concrètement dans le pays ami. L’enjeu majeur, notamment pour Israël, est d’arriver à dépassionner le débat. Si l’on parle d’innovations sociales, comme l’inclusion en matière de handicap par exemple, il s’agit d’innovations majeures qui ont été mises en place et qui sont méconnues du grand public. Montrer concrètement quelles sont les innovations que porte la société israélienne fait totalement partie de ma mission.


A.J.: Quel pourrait être l’impact politique de ces échanges ?

A.B. : Une dizaine de parlementaires se sont déjà inscrits pour participer à ce colloque et j’espère que d’autre de mes collègues pourront également venir. A la mi-juillet, une quarantaine de parlementaires de tous bords se rendront en Israël à l’invitation de l’organisation Elnet. Ce voyage leur permettra d’appréhender le réel. Quant à la question de l’innovation sociale, les avancées en matière de santé, notamment dans le domaine de la prise en charge des enfants malades, quelles que soient leurs origines, montreront la capacité d’ouverture d’Israël en la matière. 

 

A.J.: Quels moyens devraient être investis pour encourager ces échanges ? 

A.B. : Ces moyens passeront par la multiplication de ce type de rencontre entre les associations, les entreprises et les diplomates afin de permettre de créer à la fois du lien et du réseau. Ainsi, nos associations et nos entreprises pourront vendre et investir en Israël et s’inspirer des bonnes pratiques. 


A.J.: Quelles sont les innovations sociales françaises dont Israël pourrait s’inspirer ? 

A. B. : Si l’on reste sur la question du handicap, le principe de l’école inclusive est une modèle. Comment faire en sorte que nos enfants, quels qu’ils soient, puissent avoir accès à l’école ordinaire, dès lors que leur handicap le leur permet. Avoir dans une classe des élèves porteurs de handicaps et d’autres qui ne le sont pas est une richesse pour l’ensemble des enfants. Cela est la démonstration d’une société qui est inclusive, un point majeur sur lequel on travaille actuellement. 

   Nous avons aussi développé un large plan de prise en charge de l’autisme. Un grand nombre de fausses informations ont circulé sur ce sujet, certaines visaient à culpabiliser les parents et notamment les mères qui auraient généré ce handicap pendant leurs grossesses. Certaines méthodes de prise en charge n’étaient pas non plus appropriées et nous sommes en train de les revoir. Le dépistage de l’autisme dès le plus jeune âge fait aussi partie de ce plan. Affermir des coopérations en matière médicale, en matière de santé, en matière de prise en charge des personnes, est essentiel au bénéfice des premiers concernés et de leurs familles, mais aussi au bénéfice des liens que nos deux pays peuvent avoir. 


A.J.: Vous présidez désormais le groupe d’amitié parlementaire France-Israël. Dépassionner le débat quand il s’agit d’évoquer Israël fait donc partie de vos objectifs ? 

  1. B. : En effet. Je suis l’amie d’Israël et je suis convaincue de la nécessité d’avoir des relations diplomatiques et des relations d’amitié fortes avec ce pays. On fête actuellement le soixante-dixième anniversaire de nos relations diplomatiques cette année. Je crois que l’on arrivera d’autant mieux à démontrer ce qu’est Israël, ce qu’est la société israélienne tant qu’on parlera aussi d’autre chose que des questions territoriales. Parler de culture, de santé, d’écologie ou d’agriculture… autant de thématiques sur lesquelles Israël a souvent de l’avance. Cela permet de ramener nos interlocuteurs dans un champ dépassionné et concret, perceptible immédiatement et qui démontre ce qu’est réellement Israël. De mon côté, je l’expérimente régulièrement en accompagnant des collègues parlementaires qui se rendent sur place pour la première fois. Je vois à quel point leur regard change à partir du moment où ils voient concrètement quelle est la nature de la société israélienne. Multiplier ce type de dialogue et de rencontre me paraît essentiel. 

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