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16 Juin 2019 | 13, Sivan 5779 | Mise à jour le 13/06/2019 à 16h38

Rubrique Judaïsme

Paracha Bamidbar 5779: Avant la révélation

(wikipédia)

A quelques jours de Chavouoth, nous lirons la parachath Bamidbar qui introduit le quatrième livre de la Thora. Cette proximité est, pour nos commentateurs, une invitation à lire Bamidbar comme une préparation à Chavouoth. Mais comment « Dans le désert » (Bamidbar) peut-il nous préparer à la plénitude du don de la Thora ?

Lorsque la Thora nous rapporte l’arrivée des enfants d’Israël devant la montagne du Sinaï, elle met l’accent sur le profond sentiment d’unité qui alors, animait le peuple (1) : «…Israël résida là, face à la montagne ». Et Rachi de préciser, « comme un seul homme, d’un seul cœur ». Puis, quelques jours plus tard, quand D.ieu se révéla avec le don des dix commandements, cette unité s’intensifia au point qu’à chaque parole de D.ieu, l’âme quittait son enveloppe corporelle sous l’effet de l’extase pour rejoindre le lieu originel de toutes les âmes. D.ieu était alors contraint de ressusciter chaque Juif. Parce que le but n’est pas une spiritualité volatile mais une spiritualité impliquée dans les contraintes du monde.


La rigueur de l’esclavage

A l’origine, les âmes du peuple juif ne constituent qu’une seule entité, une âme collective qui ne connaît pas la division. En quittant les mondes spirituels pour venir sur terre, cette âme se morcelle en millions d’âmes revêtues dans des corps qui vont constituer une barrière physique entre chaque Juif. Pour revenir à l’unité originelle, il faut annuler cette barrière afin de s’unifier à nouveau avec notre prochain. On peut comprendre à partir de là pourquoi l’esclavage d’Egypte était un passage incontournable pour recevoir la Thora.


Faire briller notre âme

Pour permettre à la spiritualité juive de prendre sa place au sein de notre personnalité, le corps et tous les désirs qui s’y rattachent doivent être écartés. C’est ce qui explique la rigueur de l’esclavage qui  avait pour but de briser les corps afin de réduire leur domination sur l’âme et permettre dans le même temps d’anéantir la barrière physique qui sépare chaque Juif de son frère.

A présent, on peut aisément justifier le nom de notre paracha. Les turbulences de la vie quotidienne remplies d’illusions, d’ambitions irréalisables et de préoccupations mesquines nous empêchent de faire un peu de place pour D.ieu.

Alors, avant de recevoir la Thora, notre paracha vient comme un avertissement : pour intégrer réellement la Thora, il est impératif de se placer en « mode désert » et de se débarrasser de tout ce qui encombre notre conscience pour faire briller notre âme. Il n’est pas question, ici, de faire abstraction du monde matériel. Il suffit simplement de le dévitaliser en se rappelant que le désert est un lieu qui existe…mais sans vie. 


Note : 

(1)  Chémoth, chap. 19, verset 2


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