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23 Septembre 2019 | 23, Elul 5779 | Mise à jour le 23/09/2019 à 15h27

Rubrique Judaïsme

Paracha Nasso 5779 : Une identité nouvelle

(Flash90.)

Nous venons de quitter le don de la Thora pour entrer dans un nouveau cycle, une ère nouvelle qui consacre la naissance d’un Juif. Pour comprendre la portée de cette identité nouvelle, arrêtons-nous sur l’agencement des textes de la Thora. Comment devons-nous comprendre le fait que la parachath Bamidbar précède la fête de Chavouoth qui sera suivie, elle, de la parachath Nasso ?

Le mot Bamidbar, du nom de la paracha qui précède Chavouoth, signifie « dans le désert ». Allusivement, cette expression fait référence à l’individu, moralement vide, comme le désert, un territoire sauvage, sans loi et sans vie. Depuis que l’homme s’est affranchi de D.ieu, il a fait de la liberté un mode de vie et de pensée qui a ouvert la voie à toutes les dérives possibles. Comme dans le désert où règne l’animal, le monde est devenu le lieu de toutes les pulsions où n’importe qui peut faire n’importe quoi. Bien sûr, le monde est civilisé, organisé, policé. Au niveau de sa structure, tout va bien car l’ordre est vital pour qu’une société puisse fonctionner correctement. Mais dans la tête de chacun, c’est le désordre car l’homme moderne s’est lentement dépouillé de spiritualité et même de la morale la plus élémentaire. 


Installer la paix

C’est alors, à point nommé, que vient la fête de Chavouoth, le don de la Thora qui va en quelque sorte fertiliser le désert. La Thora, globalement, a deux fonctions : dans un premier temps, on peut la prendre comme un normalisateur de la vie sociale, qui donne à l’homme les règles de son équilibre psychologique. Toutes les tensions affectives, intellectuelles ou morales que nous connaissons au cours de l’existence, viennent de l’absence de normes. Sans repères pour évoluer sereinement, la confusion s’installe en nous, occasionnant ainsi toutes sortes de conflits. La Thora ne fut donnée que pour installer la paix dans le monde, nous dit le Rambam (1). Ce qui signifie, par voie de conséquence, qu’un conflit avec notre conjoint ou notre enfant prend naissance dans le manque de normes de judaïsme. Mais dans un deuxième temps, la Thora a pour but de créer un pont entre la créature (l’homme) et D.ieu. Logiquement, il est impossible de créer un lien entre le fini et l’infini. Pour remédier à cette déficience, D.ieu nous donna la Thora dans laquelle Lui-même s’introduisit. En étudiant la Thora et en pratiquant les mitzvoth (les commandements), on se lie avec D.ieu. C’est avec ce lien, marqué du sceau de l’infini qu’il nous est possible de nous extraire de notre condition humaine et de surmonter tous les obstacles qui se dressent devant nous. 


Aller plus loin

On comprend alors pourquoi la parachath Nasso se situe juste après le don de la Thora. Le mot hébreu Nasso suggère l’idée d’élévation. Après avoir reçu la Thora, nous avons la possibilité de nous élever au-dessus de la matérialité du monde pour nous rapprocher de D.ieu. Mais il y a plus. Cette élévation ne doit pas rester statique et stérile car la notion d’élévation suppose deux niveaux : le haut et le bas. Et si nous sommes élevés, cela doit entraîner, chez nous, la volonté d’influencer ceux qui se trouvent encore aux degrés inférieurs de la connaissance du judaïsme. Pour que chacun participe à la joie d’avoir reçu ce cadeau divin qu’est la Thora. 


Note : (1)  Maimonide, Michné Thora, fin des Lois de ’Hanoucca


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