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23 Septembre 2019 | 23, Elul 5779 | Mise à jour le 23/09/2019 à 15h27

Rubrique Moyen-Orient/Monde

Conférence de Bahreïn : un coup d'épée dans l'eau ?

Jared Kushner (Capture d'écran)

L'atelier réuni par les Américains à Manama n'a sans doute pas fait avancer le processus de paix mais il a probablement contribué au rapprochement entre Israël et les pays arabes du Golfe.

L'organisation de « l'atelier économique » baptisé « De la paix à la prospérité », qui s'est tenu les 25 et 26 juin à Bahreïn, a permis aux Américains de marquer quelques points. Avec la participation de l’Arabie Saoudite, de l’Égypte, de la Jordanie, du Maroc, des Émirats arabes unis et du Qatar, Washington a réussi à réunir les pays les plus importants du monde arabe pour discuter des moyens d’améliorer l’économie palestinienne – malgré l’opposition sans merci des bénéficiaires, les Palestiniens.

Même si aucun délégué officiel d'Israël n'a été invité à cette conférence, l'Etat hébreu était néanmoins représenté par des hommes d'affaires, des membres de la société civile et des journalistes. L'atelier a ainsi permis aux Américains de conforter les liens discrets existant entre Israël et les pays arabes sunnites, qui se sont rapprochés face à la menace iranienne.  

Mais par ailleurs, les succès de ce sommet demeurent limités. D'abord parce que les principaux intéressés, les Palestiniens, ont refusé d'y prendre part. Ils ont souligné que le projet américain avait été préparé sans les consulter et affirmé que la conférence de Bahreïn était destinée à « acheter » leur adhésion à un plan de paix qu'ils rejettent. Des manifestations exprimant leur hostilité à ces projets ont été organisées en Judée-Samarie et à Gaza.

Ce sont pourtant les Palestiniens qui ont rompu tout contact avec Washington et ses différents émissaires depuis la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d'Israël par Donald Trump, en décembre 2017. 

Par ailleurs on ignore encore tout  du contenu du plan de paix américain. Sa publication a été repoussée à plusieurs reprises, en raison notamment du calendrier politique israélien. Il devait être révélé au printemps, mais par suite de la dissolution de la Knesset, sa présentation a été repoussée au mois de novembre. 


Conforter les liens discrets existants entre Israël et les pays arabes sunnites


Jared Kushner, gendre et conseiller du président Trump, a cependant déclaré, peu avant l'ouverture de la conférence de Bahreïn, qu'il ne serait pas possible de parvenir à un accord entre Israéliens et Palestiniens sur la base de l'initiative de paix arabe. Selon lui, la solution du conflit « se situera quelque part entre l'initiative de paix arabe et les positions israéliennes ».

Le volet économique du plan de paix américain repose sur un budget de 50 milliards de dollars provenant d'Etats et d'investisseurs privés, qui seront injectés en dix ans dans l'économie de la région. Quelque 28 milliards de dollars seront investis dans les territoires de Cisjordanie et de Gaza où ils alimenteront l'activité économique et le développement des infrastructures. La Jordanie recevra 7,5 milliards, l'Egypte 9 milliards et le Liban 6 milliards. 

Mais face à l'opposition des Palestiniens, les investisseurs ne devraient pas se montrer très attirés par ces projets. 


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