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14 Novembre 2019 | 16, Heshvan 5780 | Mise à jour le 13/11/2019 à 17h43

Rubrique Communauté

La disparition d’Yvan Zibi, fondateur de Zyvotels

Une figure de la communauté juive tunisienne. (DR)

Yvan Zibi est décédé le mercredi 3 juillet à Netanya à l’âge de 85 ans.

C’était un livre d’histoire à lui tout seul qui défiait les époques en gardant la mémoire d’une tradition judéo-tunisienne au présent. Un homme qui suscitait l’admiration et le respect, qu’on aimait et qui était aimé. A Paris, à Sarcelles, à Netanya, les gens venaient le consulter et aimaient s’attabler avec lui au café. Dans ces villes, il avait ses habitudes, sa famille, ses amis et on savait où le trouver. A Paris, c’était le faubourg Montmartre, la Boule Rouge, Bob de Tunis et chez son ami Georges Sfez, les chemises Jean Chatel.

Arrivé de Tunis à Netanya dans les années 70, Yvan Zibi a fondé la chaîne Zyvotels au détour d’une belle histoire. Le récit de son premier achat en témoigne comme nous l’explique son ami, l’agent de voyages Guy Azria. « Yvan devait acheter un terrain à Herzliya et il avait été voir le rabbi avant qui lui avait dit de ne pas le faire, que le terrain n’était pas bon et qu’il trouverait un endroit pour une bouchée de pain. Yvan était contrarié et il ne voulait pas écouter mais le jour de la signature, à Herzliya, au moment de signer, il s’est souvenu des mots du rabbi et s’est aperçu d’une contrefaçon. Ce même jour, il était dépité et assis dans un café à Netanya, quand quelqu’un est venu lui taper sur l’épaule pour lui proposer d’acheter le Résidence que cette personne venait de terminer. Et elle le lui a en effet vendu pour une bouchée de pain ». 

Guy Azria, qui a développé la destination Israël, encouragé par Yvan Zibi, éprouve comme beaucoup de la reconnaissance pour celui qu’il qualifie de guide. « On avait lui et moi des relations amicales, familiales et commerciales et sur ce dernier point, on se disait qu’on gardait les comptes ouverts. On était toujours en compte, c’était comme une superstition entre nous et cela fait sourire ses enfants... ». Fidèle en amitié, ferme en affaires mais juste, Yvan Zibi recevait dans son bureau du Galil avec des citrons doux, du jasmin, de la citronnade et des croquants. « Ce bureau, c’était un musée du judaïsme tunisien avec des photos et des objets ». 

Chaque fête, chaque séouda en particulier Ytro, la fête des garçons, étaient célébrées avec faste et tradition dans ses hôtels où il recevait tout le monde. Il laisse aujourd’hui une épouse et cinq enfants dont Marco à qui il a laissé des consignes et qui a désormais la tâche de poursuivre le travail. Là-dessus, pas d’inquiétude pour Guy Azria. « Yvan a réussi de son vivant à mettre tous ses enfants d’accord et je peux vous dire que Marco sera largement à la hauteur de l’oeuvre de son père ». 


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