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18 Juillet 2019 | 15, Tammuz 5779 | Mise à jour le 17/07/2019 à 18h17

Rubrique Communauté

Rav Yossef Yitzhak Pevzner : « Sinaï peut envisager l’avenir avec sérénité »

(DR)

Après des années de difficultés financières, la Cité de l’éducation Sinaï est redevenue propriétaire de ses murs. Un exploit que le directeur général du groupe scolaire, le rav Yossef Yitzhak Pevzner retrace en remerciant ceux qui ont cru en ce projet.

Actualité Juive : Les Institutions Sinaï sont un modèle emblématique de l’éducation telle que la concevait le Rabbi. Pouvez-vous rappeler leur histoire ?

Yossef Yitzhak Pevzner : Les Institutions Sinaï ont, en effet, été créées en 1965 à la demande du Rabbi faite à mon père Rav Hilel (zl) tout comme la construction de la Cité Sinaï en 1991 puis cinq ans plus tard, de Heikhal Menahem sur le boulevard Ménilmontant et en 2001, de l’école Kitov, dans le XVIIe. Dès 1989, le Rabbi avait posé la cité Sinaï comme modèle de « l’année de construction » des Institutions Habad. En 1991, lorsque le bâtiment fut achevé, une délégation d’une centaine de bienfaiteurs de l’école, dirigée par mes parents, était allée lui rendre visite pour lui remettre les clés de l’établissement, estimant que vu son implication dans ce projet, cette école lui appartenait. Nous étions la veille du jour où le Rabbi est tombé malade. Ce jour-là, il nous a enjoints de nous lancer aussitôt dans la construction de la seconde école, Heikhal Menahem et les suivantes.


A.J: Quels sont les problèmes que vous avez rencontrés ?

Y.Y.P. : En 2001, l’ouverture de l’école Kitov est intervenue après un changement de majorité à la mairie de Paris. Certains engagements qui avaient été pris verbalement ne furent finalement jamais votés. En 2004, cette situation nous a plongés dans une situation de dépôt de bilan. Nos écoles se sont retrouvées en danger de fermeture… Deux ans plus tard, en 2006, une SCI constituée à 50% par la Fondation Rothschild et 10% du Fonds Social a racheté les murs de notre école. Les 40% restants étaient détenus par des amis de Sinaï grâce à la mobilisation de Gabriel Barda. L’association LIS (Les Institutions Sinaï) a repris l’exploitation de l’école. La communauté était à nos côtés. En 2009, une nouvelle équipe dirigée par Marc Addi et Marc Taïeb est arrivée au Conseil d’administration soutenue activement par Yoseph Sadoun (zl). Malgré les difficultés, nous sommes peu à peu arrivés à redresser la situation. Une gestion rigoureuse, des campagnes de collectes successives et des investissements pertinents, ont permis de revenir à une gestion équilibrée. Nous avons réussi à rembourser nos dettes et lundi 1er juillet dernier, nous sommes parvenus au rachat des murs de notre école. Sinaï est retournée à son vrai propriétaire, le Rabbi, et entre ainsi dans une nouvelle ère. Elle peut envisager l’avenir avec sérénité et lancer de nouveaux projets.

« Malgré les difficultés, nous sommes peu à peu arrivés à redresser la situation »


A.J.: Comment cela a-t-il été possible ?

Y.Y.P. : Éric de Rothschild nous avait déjà suggéré de demander un prêt de rachat de ses parts plutôt que de payer un loyer. Encore fallait-il trouver une banque qui l’accepte. Cela n’a pas été évident. D’autres fondations communautaires se sont également désistées. Alors M. de Rothschild et son Conseil d’administration ont décidé de faire preuve d’ouverture, d’imagination et de confiance et de nous accorder un crédit-vendeur. Dès lors, toute la situation s’est débloquée et nous avons tout racheté, sans intérêt bien sûr, conformément aux lois de la Torah. En fait, l’esprit du partage a prévalu jusqu’au bout, y compris la gestion désintéressée des bâtiments par la Fondation Rothschild durant treize ans ! Il nous paraît essentiel de le remercier pour son amitié et sa confiance, ainsi que les dirigeants du FSJU et tous ceux qui nous ont toujours soutenus. Parmi eux, nos amis, administrateurs directeurs et bienfaiteurs, les rabbanim Frankforter, Y. Cohen, rav Azimov (zl) et d’autres encore, sans oublier nos partenaires historiques Actualité juive et Radio J. Enfin, ma mère la Rabanit, mon épouse et mes enfants. 


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