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16 Octobre 2019 | 17, Tishri 5780 | Mise à jour le 10/10/2019 à 17h12

Rubrique Communauté

Fraude au Bac 2019 : Ozar Hatorah prépare sa défense

Le groupe scolaire accusé par son surveillant d’avoir exercé des pressions pour divulguer des sujets du baccalauréat a, par la voix de son avocat, décidé de se porter partie civile. L’enquête, quant à elle, suit son cours.

Quelle tournure va prendre l’affaire des fuites des sujets du bac qui a entaché cette session 2019 ? Il faudra sans doute attendre un certain temps avant que l’enquête confiée à la BRDP de la police judiciaire ne soit bouclée et que les responsabilités soient clairement déterminées. En 2011, une affaire de fraude similaire avait débouchée, après plusieurs années, à des condamnations de quatre mois de prison avec sursis pour les tricheurs. 

Après la mise en examen, vendredi 5 juillet, d’un surveillant de l’école Ozar Hatorah de Créteil et de son épouse ainsi que de deux élèves de l’école, l’électrochoc de cette annonce était tel qu’elle avait laissé les spécialistes de l’éducation sans voix. À l’ADEJF, l’Association des directeurs des écoles juives de France, on refusait de s’exprimer tant que l’on n’avait pas rencontré le directeur de l’établissement, Michael Haddad. C’est depuis chose faite. Celui-ci est allé, mercredi 10 juillet, répondre aux questions du Bureau de l’association. Est-il parvenu à convaincre que le surveillant n’aurait pas agi sous la pression de sa direction pour assurer la réussite des élèves, comme l’a affirmé son avocat ? On ne saurait le dire. Eliahou Belhassen, président de l’ADEJF, nous a simplement indiqué avoir échangé « courtoisement » avec le directeur d’Ozar Hatorah et que « les enquêtes étant en cours », il ne pouvait« rien ajouter là-dessus pour l’instant ». 

Quant aux enquêtes, elles doivent toujours déterminer si la fraude à laquelle se serait livré le surveillant (qui a eu accès aux sujets avant les épreuves) soit partie de l’école d’Ozar Hatorah Créteil. Les procédures de l’établissement relatives au maintien au secret des sujets avant le début des épreuves semblent avoir été validées, mais il semblerait d’après nos informations que le surveillant mis en examen aurait cherché à effacer le disque dur de son ordinateur professionnel avant que celui-ci ne soit saisi pour les besoins de l’enquête.

L’avocat d’Ozar Hatorah, Me Patrick Klugman, espère que la commission d’enquête mise en place parviendra à tout éclaircir. « Dans cette affaire, Ozar Hatorah, qui a un devoir d’exemplarité, est victime et entend aller jusqu’au bout pour comprendre comment cette malversation a pu se produire. Il n’y aura pas de protection vis-à-vis de ceux qui ont violé la loi à leur profit », affirme-t-il à Actualité juive.

Pour Paul Fitoussi, conseiller spécial éducation du grand rabbin de France Haïm Korsia, il faut « condamner sans ambiguïté les actes de fraude qui ont été commis. Ces agissements peuvent nuire considérablement à l’école juive et j’espère qu’ils ne la marqueront pas définitivement ». Est-ce que le seul vol d’un sujet suffit pour qu’il se retrouve corrigé sur les calculatrices de plusieurs milliers de calculatrices le jour de l’examen ? « L’enquête n’est pas finie, il faudra attendre les conclusions », rappelle Paul Fitoussi. 


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