Default profile photo

18 Août 2019 | 17, Av 5779 | Mise à jour le 08/08/2019 à 12h19

Rubrique Culture/Télé

Danièle Thompson : «Nous avions conscience que l’on touchait à l’antisémitisme»

Rabbi Jacob comme vous ne l'avez jamais vu ! Retrouvez la comédie culte de Gérard Oury dans sa nouvelle restauration 4K ! Au cinéma le 10 juillet 2019

Danièle Thompson connaît une double actualité : la parution de son ouvrage, « Gérard Oury. Mon père, l’as des as », et la ressortie masterisée des « aventures de Rabbi Jacob », très heureuse que l’on puisse aujourd’hui le voir sur grand écran. Entretien chaleureux et généreux !

Actualité Juive : Comment est née l’idée du film que vous avez-co-écrit avec votre père ? 

Danièle Thompson : Un soir, mon père passe rue des Rosiers, à l’époque très investie par la communauté. Il voit des hommes avec des papillotes en grand manteau et chapeau au cœur de Paris qui ne vivent pas comme tout le monde. Ni mon père, ni moi n’avons été élevés dans la religion, mais avec une identité judaïque. Quand on a commencé à chercher un autre sujet de film, même s’il voulait toujours travailler avec De Funès, cette image fascinante lui est revenue. Les producteurs furent surpris parce que jamais une comédie sur ces « gens-là » n’avait existé. Pendant des mois, on s’est beaucoup documenté, jusqu’au 17ème siècle. On a ainsi découvert une joyeuse coutume musicale. Nous avions conscience que l’on touchait à l’antisémitisme donc déjà un sujet brûlant. On dit que l’on ne pourrait pas le refaire, mais à l’époque ce n’était pas si tranquille. Il y avait eu Munich. Et en plus on est sorti au moment de la guerre de Kippour. Ce merveilleux Josy Eisenberg nous a guidés pour la religion, et nous a libérés de la crainte d’abuser de l’humour.


A.J.: Quelles sont les raisons de cet énorme succès ?

D.T. : La mise en scène de mon père traitée avec humour et comme un film d’aventure, l’interprétation de De Funès, toutes les composantes comme l’esthétique -c’est un beau film- ont créé une œuvre aboutie. Mais aussi les personnages qui finissent par lâcher leur a priori sur la banalité de l’antisémitisme. Comme a dit De Funès : « Ce film m’a décrassé l’âme ». L’histoire fait du bien par une sorte de morale :  l’antisémitisme oui c’est grave ! Mais ça peut s’arranger.


A.J.: Pourquoi parmi tous les films de 1966 à 1985 co-écrits avec votre père avoir choisi comme prochain projet « Rabbi Jacqueline » sur les descendants des personnages de Rabbi Jacob ? 

D.T. : On ne touche pas à ce monument, mais humblement on essaie d’écrire un scénario avec mon fils Christopher avec lequel j’ai l’habitude de travailler. C’est une idée du dessinateur humoristique Jules de retrouver les descendants juifs, musulmans, catholiques, qui sont la France d’aujourd’hui. Que sont devenus ces familles et leurs enfants ? On souhaite les faire se rencontrer. Pas évident de garder l’ADN du premier avec le côté aventure, l’humour, et la réalité actuelle. C’est un challenge !


A.J.: Comme vous écriviez avec Gérard Oury, vous faites de même avec votre fils. Ça se passe bien ?

D.T. : C’est un bonheur de travailler avec un scénariste doué, on en est à notre septième rédaction. En ce moment nous préparons aussi une série sur Brigitte Bardot. 


A.J.: Vous venez également de publier avec Jean-Pierre Lavoignat un ouvrage hommage à votre père.

D.T. : Les éditions de La Martinière m’ont contactée il y a presque trois ans à l’occasion du centenaire de la naissance de mon père en 1919 pour une parution maintenant. Ils se doutaient que j’avais beaucoup d’archives. Ce qui est le cas, je possède des photos des coulisses de films, et surtout de sa vie, donc un peu de la mienne. On a rédigé avec Jean-Pierre qui connaissait bien mon père, un livre très personnel. Ce n’est pas des photos commentées, mais des informations que les gens ne connaissent pas sur lui, notamment avant ses grands succès. 


Toute reproduction, totale ou partielle, de ce site ou d’un ou de plusieurs de ses composants, par quelque procédé que ce soit, sans autorisation expresse de son créateur, et interdite, (…) une contrefaçon sanctionnée par les articles L.335-2 et suivants du Code de la propriété intellectuelle.




Powered by Edreams Factory