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14 Décembre 2019 | 16, Kislev 5780 | Mise à jour le 13/12/2019 à 11h26

Rubrique France/Politique

Le vote de la résolution contre l’antisémitisme : Une modification qui inquiète

Francis Kalifat, Meyer Habib, Simone Rodan-Benzaken.

Le vote de la résolution contre l’antisémitisme a été reporté à la rentrée. Mais le texte doit être réécrit, ce qui semble particulièrement inquiétant. Décryptage.

Lors du dernier dîner du CRIF, le président de la République s’est exprimé avec clarté : « La France, qui l'a endossée en décembre avec ses partenaires européens, mettra en œuvre la définition de l'antisémitisme adoptée par l'Alliance internationale pour la mémoire de la Shoah ». Prévu le 29 mai, le vote de la résolution qui concrétise cette volonté présidentielle a été repoussé début octobre. Mais les députés de la LREM envisagent une réécriture du texte pour lever les réserves de certains d’entre eux qui n’apprécient pas la référence à l’antisionisme. « C’est bien ce qui nous inquiète, explique Francis Kalifat à Actualité Juive, car notre législation condamne déjà l’antisémitisme ou le négationnisme ; si cette résolution est réécrite, elle sera en fait vidée de toute substance puisque son principal intérêt est d’enfin considérer l’antisionisme comme une forme d’antisémitisme. Il est essentiel que la proposition actuelle soit mise au vote en l’état, et je suis d’ailleurs certain qu’elle obtiendra une très large majorité ». On ne saisit pas bien pourquoi les députés de la LREM ne souhaitent plus traduire dans les faits la promesse d’Emmanuel Macron. Pour le président du CRIF « On ne peut que regretter que le groupe majoritaire semble céder aux injonctions du lobby antisioniste et anti-israélien et devant l’activisme du BDS qui, rappelons-le, est une organisation qui mène des actions délictueuses ».


« Chez certains députés la haine d’Israël est quasi instinctive, viscérale »


Meyer Habib, député des Français établis hors de France, se trouve sur cette ligne : « J’accuse certains élus de la gauche et de la majorité – et pas des moindres – d’avoir un problème avec Israël. Ils cèdent à la tentation antisioniste pour séduire un certain électorat arabo-musulman des quartiers. BDS fait un travail de sape intellectuelle et morale, jusque sur les bancs de l’Assemblée ». Pour contrer cette tendance, l’idéal serait sans doute que le Premier ministre, le président de l’Assemblée nationale et le président du groupe LREM à l’Assemblée nationale s’emparent de la question et mettent en œuvre la volonté initiale du président de la République. Simone Rodan-Benzaken, directrice de l’AJC, résume parfaitement la situation actuelle : « Il y a des sujets où il n’est pas possible de faire du ‘’en même temps’’ ! Si l’on pense vraiment que la lutte contre l’antisémitisme est une priorité, il faut voter cette résolution sans réécriture ». Francis Kalifat explique aussi qu’« il est évident aujourd’hui qu’il n’y a plus de différence entre ‘‘sale Juif’’ et ‘‘sale sioniste’’. On ne peut plus se contenter de déclarations ou de mots de compassion à un moment où l’antisémitisme et son clone l’antisionisme ne cessent de progresser. Nous avons besoin d’actes forts. Le vote de cette résolution dans sa formulation actuelle en serait un ». Meyer Habib présente un constat identique : « Il y a beaucoup de discours mais les actes ne suivent pas. Chez certains députés, la haine d’Israël est quasi instinctive, viscérale. Pour l’immense majorité des autres, c’est le manque de courage politique ». 


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