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18 Août 2019 | 17, Av 5779 | Mise à jour le 08/08/2019 à 12h19

Rubrique France/Politique

Affaire Sarah Halimi : Une décision irresponsable

(DR)

Mis en examen pour l’homicide volontaire à caractère antisémite de Sarah Halimi, Kobili Traoré pourrait bien bénéficier d’un non-lieu.

Cet homme de religion musulmane, qui a pourtant battu puis défenestré au cri d’ « Allahou Akbar » une femme juive sexagénaire, ne serait pas jugé au cours d’un procès aux assises. Comment a-t-on pu en arriver là ? Bien que sans antécédents psychiatriques, la question du discernement du suspect (actuellement interné) est au cœur de l’affaire depuis le départ. Si bien que trois expertises psychiatriques successives ont été mises en place afin de déterminer si, au moment des faits, son jugement était « aboli » – rendant impossible son jugement – ou seulement « altéré » – ce qui maintiendrait le procès. Les conclusions des experts-psychiatres s’entendent sur un seul point : lorsqu’il a commis l’irréparable, le suspect a été atteint d’une « bouffée délirante aiguë ». Pour tout le reste, elles divergent, et en particulier sur les effets de la drogue (du cannabis) qu’il a prise. Mais, la semaine dernière, en opposition avec la réquisition du Procureur de la République qui souhaite un procès, les juges d’instruction en charge de l’affaire ont rendu une ordonnance dans laquelle ils estiment qu’il existe des « raisons plausibles » de penser que le discernement du suspect était « aboli » au moment des faits. Dans ce cas, son irresponsabilité pénale lui permettrait d’échapper au procès. Pour l’instant, les magistrats en charge du dossier ont d’ailleurs décidé de ne pas mettre le suspect en accusation devant une cour d’assises.


Ils estiment que le discernement du suspect était « aboli » au moment des faits

Par contre, ils ont saisi la chambre de l’instruction pour se prononcer sur les suites juridiques et médicales à donner à l’ « affaire Halimi ». De son côté, le parquet a interjeté appel de cette ordonnance. Décision qui a également été prise par des parties civiles très en colère. Donc, à ce stade, les poursuites ne sont pas encore abandonnées. Pour autant, il faut également s’interroger sur le fait que l’ordonnance des juges d’instruction n’a pas retenu la circonstance aggravante d’antisémitisme (et se rappeler que cela avait déjà été très difficile pour le parquet de la retenir initialement). La procédure judiciaire va se poursuivre mais d’autres décisions récentes de la justice françaises, si elles n’ont rien à voir avec le dossier Halimi, ne nous rendent pas très optimistes. Il y a d’abord le « gilet jaune » qui, pour avoir insulté violemment Alain Finkielkraut, n’a été condamné qu’à deux mois de prison avec sursis (alors que le ministère public qui le poursuivait avait demandé six mois de prison avec sursis). Ensuite, on peut s’étonner que les récidivistes de la haine que sont Dieudonné et Alain Soral, condamnés à de multiples reprises à des peines de prison ferme, n’aient pas encore été appréhendés. Si l’on ajoute l’actualité récente qui s’est nouée autour de la résolution de l’antisémitisme (voir p22), on peut se demander si les autorités n’ont pas l’intention de se limiter à des paroles réconfortantes et à des déclarations de principe lorsque survient des actes antisémites. Il serait temps de passer aux actes ! Nous les attendons… 


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