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17 Août 2019 | 16, Av 5779 | Mise à jour le 08/08/2019 à 12h19

Rubrique Judaïsme

Parachat Balak : Progresser vers la délivrance en affinant nos sens

(Wikipedia)

Le commentaire de la semaine par le Rav Dov Roth – Lumbroso, Président Fondateur Bnei Torah/ Derech Laolim.

Le 17 tamouz et le 9 av sont les dates les plus tragiques de notre histoire, et les trois semaines qui les séparent forment la période la plus douloureuse de notre calendrier. Le 17 tamouz, Moché brisa les tables de la Loi suite au péché du veau d’or, les sacrifices quotidiens cessèrent d’être offerts dans le premier temple, une brèche fut faite dans la muraille de Yerouchalayim lors du siège romain, un rouleau de la Torah fut brûlé par le chef militaire romain Apostamos (en avant-goût des nombreux autodafés que nous aurons encore à subir…), et une idole fut introduite dans le temple. Et le 9 av, date marquée par la faute des explorateurs et par l’interdiction qui s’ensuivit pour les ressortissants d’Egypte d’entrer en Erets Yisrael, nos deux temples furent détruits. Ces trois semaines sont appelées bén ha-metsarim : « entre les étaux », expression tirée du verset (Eikha 1, 3) : « Yehouda a été exilé […] tous ses poursuivants l’ont atteint entre les étaux » – où nous continuons d’être « comprimés » et retenus. Selon nos Sages, une grande fête aurait dû avoir lieu le 9 av et se terminer le 15. Malheureusement, ces jours se sont transformés en deuil, depuis que les tables de la loi ont été brisées, suite à la médisance proférée par les explorateurs, au découragement qu’ils semèrent dans le peuple, et à l’interdiction d’entrer en Erets Yisrael.

 Le Séfèr ha-Yetsira relie chaque mois de l’année à une fonction devant être sublimée. Nissan, par exemple, correspond au dibour, à la « parole », alors que av se rattache à la chemi‘a, l’« ouïe ». Pour le Gaon de Vilna, ce dernier s’est transformé en un mois de désolation, lui dont la fonction – l’écoute – devait s’appliquer à des paroles élogieuses sur la terre promise, et qui, au lieu de cela, a servi à capter la médisance des explorateurs suite à laquelle l’accès au pays nous fut barré. Selon le Maharal, l’exil se définit par trois points. Il est d’abord ovdan maqom, « perte de lieu » et des repères dont chacun a besoin. Il est aussi pizour, « dispersion », car qui dit exil dit « dissémination » de notre peuple dans le monde. Enfin, il est chi‘aboud, « asservissement » et soumission aux nations.

Tels sont également les trois points sur lesquels les effets de l’exils se font intensément ressentir, et où la « perte de repères » est la plus violente : Israël est dispersé dans le monde entier. Quant à la Torah, depuis qu’elle a été « brisée », notre rôle est de recueillir ses « étincelles », les rallumer par l’étude, et les raviver pour  « recoller » les débris et leur rendre leur forme originelle. Mais le pire exil est celui de soi-même : quand l’être humain ne se concentre pas sur ses objectifs spécifiques. Il est alors en perte de repères, sujet au changement et à l’instabilité, asservi au joug de valeurs opposées aux siennes.

Pour donner à cette période le sens qui doit être le sien, et rendre à l’« ouïe » sa vraie dimension, nous devons écouter les paroles de Torah partout où elles résonnent, de les recueillir de notre mieux, avec toute l’attention qui leur est due, tout comme nous associons les mots pour former des phrases intelligibles.

C’est en restituant ainsi à l’écoute sa vraie valeur qu’il nous sera possible de quitter l’exil pour la délivrance, et de voir enfin notre temple reconstruit, bientôt et de nos jours – Amen !

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