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18 Août 2019 | 17, Av 5779 | Mise à jour le 08/08/2019 à 12h19

Rubrique Moyen-Orient/Monde

Iran : Manœuvres étroites

Le Tanker britannique saisi par l’Iran dans le Détroit d’Ormuz (DR)

Entre ultimatums diplomatiques et menaces sur la navigation, l’Iran cherche jusqu’où ne pas aller trop loin.

Tant qu’il restera aux Iraniens assez de matière à dépecer sur la carcasse de l’accord de Vienne sur leur programme nucléaire, ils continueront à le faire. Pourquoi pas, puisqu’aucun des autres signataires n’a dénoncé le Protocole de 2015, ni suivi Washington, qui cherche à isoler Téhéran jusqu’au point où il serait contraint d’accepter les conditions américaines à la négociation d’un nouvel accord. L’Iran compte bien obliger l’Europe à entrer dans son jeu pour fixer de nouvelles règles plus avantageuses ou en tout cas pas plus contraignantes que celles fixées par le Protocole Conjoint, dont il ne s’accommodait pas si mal. 

Mais comme toujours dans ce genre de partie, une réponse proportionnelle peut aussi être une escalade. Si les Anglais ont été les premiers à arraisonner un navire iranien le 4 juillet à Gibraltar, la réponse de Téhéran avec la saisie d’un tanker britannique quinze jours plus tard dans le détroit d’Ormuz n’est pas sans risque. La menace que fait peser l’Iran sur la navigation dans le Golfe persique commence à inquiéter, quand on sait qu’un tiers du trafic pétrolier mondial passe par Ormuz. « La sécurité de la navigation dans le Golfe est une priorité absolue pour l’Europe » rappelait-on à Londres au lendemain de l’incident. Avec l’opération « Sentinel », les Etats-Unis cherchent d’ailleurs à former une coalition internationale de flottes pour la protection de la circulation maritime. Ils ont également obtenu de l’Arabie Saoudite l’autorisation de déployer 500 soldats sur son territoire, une première depuis 2003.

Israël - l’autre allié indéfectible de l’Amérique au Proche-Orient – a aussi ses raisons d’être inquiet. L’Iran pourrait s’en prendre à son trafic maritime en menaçant par exemple le  détroit de Tiran, qui contrôle l’accès à la mer Rouge, un axe vital pour Israël, ou en attaquant ses navires civils ou militaires dans la région. Les responsables de la défense ont décidé de construire une barrière pour protéger les bateaux mouillant dans le port d’Eilat contre des attaques suicide par voie maritime. Même si l’Iran n’attaque pas directement, il a la ressource d’envoyer ses milices supplétives comme les Houtis au Yémen ou le Hezbollah au Liban. D’une part l’organisation chiite libanaise aurait déjà commencé à acheminer des troupes sur le Golan syrien, et d’autre part, l’Iran aurait repris ses acheminements d’armes au Hezbollah vers le Liban et la Syrie par voie de mer. 


Un axe vital pour Israël


Ce sont donc l’ensemble des armes de Tsahal qui doivent renforcer leur vigilance dans une zone de plus en plus nerveuse. L’attaque d’un drone le 19 juillet en Irak contre le camp d’une milice pro-iranienne a d’ailleurs aussitôt été attribuée à Israël, considérant que la base visée aurait reçu un peu plus tôt la livraison de missiles balistiques iraniens destinés au Hezbollah. « Nous sommes le seul pays à avoir tué des Iraniens au cours des deux dernières années » a affirmé le ministre israélien Tsahi Hanegbi. Une revendication en forme d’avertissement ? 


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