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16 Septembre 2019 | 16, Elul 5779 | Mise à jour le 16/09/2019 à 13h07

Rubrique Communauté

Médecine : L’expérience hors de France

Ils sont de plus en plus nombreux à partir faire leurs études de médecine, dentisterie et autres filières paramédicales en Espagne, Hongrie ou Portugal afin d’éviter le couperet du numérus clausus qui sanctionne, en France, la PACES (première année commune aux études de santé). Ces étudiants ont-ils pour autant céder à la facilité ? Pas forcément.

Les chiffres publiés cette année par l’Agence française pour la promotion de l’enseignement supérieur, l’accueil et la mobilité internationale ne s’appuient pas sur des statistiques toutes récentes mais confirment néanmoins une tendance désormais bien ancrée. Depuis 2006, la France connaît une augmentation régulière du nombre de ses ressortissants qui étudient hors de ses frontières. Sur dix ans, cette augmentation a bondi de 75%. Ainsi en 2016, on dénombrait 90 543 étudiants français en « mobilité diplômante ». 

Si, il y a trois ans, les trois premières destinations les plus plébiscitées étaient, dans l’ordre, la Belgique, le Canada et le Royaume-Uni, l’Espagne, la Roumanie et la Hongrie se distinguaient par leur attractivité. Entre 2011 et 2016, ces pays ont attiré entre 150 et 220% d’étudiants français supplémentaires. Ces trois destinations sont justement celles qui proposent, en outre, des cursus d’études de Santé particulièrement attirants. 

Parmi eux, Benjamin, qui entame sa troisième année d’études de pharmacie à l’université Alfonso x el Sabio, située à Madrid. Pour ce jeune Parisien, le choix de ce cursus s’explique par la crainte du concours sélectif qui prévaut en France pour effectuer des études de santé. Réussir la PACES, cette première année d’études communes aux études de santé relève du défi. Seuls 15 à 20% des étudiants sont retenus et le redoublement n’est possible qu’une seule fois. En Espagne, comme ailleurs en Europe, l’entrée à l’Université se fait sur étude du dossier, des notes obtenues au baccalauréat et de l’obtention de la moyenne, voire un peu plus, aux examens. 

Malgré les avantages du système espagnol, Benjamin ne considère pas avoir cédé à la facilité. « Une fois le cap de la première année dépassé, le niveau des études est aussi difficile en Espagne qu’en France. S’expatrier pour étudier signifie que l’on doit aussi apprendre en même temps l’autonomie, la gestion de son quotidien, s’occuper de ses repas, de son linge, de sa vie juive… dans un nouvel environnement et à travers une nouvelle langue », explique-t-il. En ce qui concerne sa vie juive, l’organisation de celle-ci s’avère grandement facilitée par la présence, sur place, du rabbin Moché Bijaoui. « Il est à temps plein avec nous. On peut compter tous les midis sur ses sandwichs, il organise tous les chabbat et reçoit tous ceux qui ne peuvent pas rentrer chez eux pour les fêtes », précise Benjamin. 


« Le niveau des études est aussi difficile en Espagne qu’en France »

La réforme des études de santé votée cette année et qui s’appliquera aux étudiants titulaires du baccalauréat dès 2020, marquera la fin du numérus clausus à l’issue de la première année. La ministre de la Santé Agnès Buzyn avait justifié sa suppression en rappelant que chaque année, ce sont près de 20 000 jeunes qui, après avoir loupé le concours, partent étudier à l’étranger. Cela va-t-il inciter les étudiants français à rester au bercail ? Rien n’est moins sûr, vu l’engouement pour ces études à l’étranger, une fois la barrière financière surmontée. Car, à formation similaire, l’expérience hors de France reste exaltante sur les campus internationaux. Revenir diplômé et totalement bilingue, c’est aussi cela le rêve européen.


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