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15 Novembre 2019 | 17, Heshvan 5780 | Mise à jour le 13/11/2019 à 17h43

Rubrique Israël

Un parfum de guerre : L’étau iranien se resserre

Il y a longtemps qu’Israël n’avait eu autant de fronts à gérer simultanément. En dépit des opérations préventives, l’Iran semble resserrer inexorablement son étreinte au plus près d’Israël.

La chaleur écrasante de cette fin d’été met les nerfs à rude épreuve. Les informations sur de mystérieuses explosions du Liban à l’Irak ne font rien pour calmer les esprits. Le 26 août, le président libanais Michel Aoun n’hésitait pas à qualifier de « déclaration de guerre » un raid de drones attribué à Israël survenu la veille au sud de Beyrouth, dans un quartier tenu par le Hezbollah. Un peu plus tard, une autre attaque avait visé une base de l’est du Liban, point de transfert d’armes pour la milice chiite ou centre du FPLP, les versions diffèrent. Dans la soirée du 25 août, c’est un Hassan Nasrallah souriant mais un peu tendu qui était apparu à la télévision libanaise pour avertir Israël : le Hezbollah saurait « défendre l’espace aérien libanais » et pas question de laisser le  Liban « devenir un nouvel Irak ». 

Même si ce n’est pas exactement ce que le chef de la milice chiite avait en tête en faisant cette comparaison, c’est aussi en Irak qu’Israël a apparemment frappé au cours de l’été, parce que là aussi, l’Iran exploite un pays à la souveraineté fragilisée pour étendre et renforcer son réseau d’arsenaux et de bases avancées d’où il pourra plus aisément attaquer Israël. Une explosion le 12 août dans une base militaire occupée par des milices iraniennes près  de Bagdad, une attaque de drone le 25 août contre un convoi d’armes mené par une milice chiite pro-iranienne à la frontière irako-syrienne, sont les plus récents épisodes attribués à Israël. « Nous intervenons partout où agit un pays qui cherche à nous anéantir », avait ainsi déclaré Binyamin Netanyahou en forme de confirmation implicite. 

En Syrie, c’est une frappe directe contre la force Al Quds des Gardiens de la Révolution iranienne que Tsahal a effectuée le 24 août, pour enrayer une attaque de drones contre Israël depuis le Golan syrien. « Si quelqu’un vient te tuer, lève-toi et tue-le avant », a rappelé Binyamin Netanyahou pour signer et saluer l’action chirurgicale des forces israéliennes. « L’Iran ne sera à l’abri nulle part » a affirmé le Premier ministre et ministre de la Défense israélien. Il n’est pas habituel qu’Israël revendique – et surtout aussi près de l’événement – une opération derrière ses lignes. Mais la menace d’un nouveau type devait être traitée au plus vite et l’ennemi averti que son plan était éventé. Ces petits drones développés par les Iraniens peuvent voler à basse altitude et à basse vitesse et transporter une charge explosive ou une grenade, ce qui en fait des armes extrêmement précises et virtuellement indétectables une fois qu’ils sont lancés. D’où la nécessité d’attaquer ceux qui devaient les lancer avant qu’ils n’en aient le temps.

Cette « guerre des drones » est une des facettes de cette nouvelle confrontation qui se joue entre Israël et l’Iran et ses différents alliés, du Golfe Persique jusqu’à la Méditerranée. Israël a marqué des points et infligé des échecs aux Iraniens, directement ou indirectement, au Liban, en Syrie et en Irak. Ce qui ne peut signifier qu’une chose : Téhéran doit laver l’affront. Qu’elle vienne du nord ou de l’est, la riposte, même ponctuelle et limitée, est inévitable. Les forces de sécurité israéliennes s’y préparent. 


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