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23 Octobre 2019 | 24, Tishri 5780 | Mise à jour le 18/10/2019 à 12h54

Rubrique Communauté

Richard Odier : « Etre avec les communautés là où elles vivent »

Richard Odier (DR)

Le FSJU a annoncé sa décision de vendre les locaux du centre Hillel de Lyon et de déménager celui-ci pour le rapprocher des lieux de vie de la communauté juive. Une décision politique expliquée par le directeur de l’institution.

Actualité juive : Vous avez annoncé la semaine dernière par voie de communiqué le déménagement du Centre Hillel de Lyon. Que signifie cette décision ? 

Richard Odier : L’implantation du Centre Hillel dans le quartier de la gare Lyon-Part-Dieu correspondait à une époque où la vie juive était homogène et où l’immobilier était encore abordable. Son programme avait été édifié dans les années quatre-vingt-dix mais au fil du temps, ce centre n’a jamais vraiment décollé en termes de flux. Parmi les raisons, le fait que la communauté s’était éloignée du centre. 

   Après avoir essayé plusieurs stratégies pour parvenir à couvrir les frais immobiliers et compte tenu de l’explosion de la pauvreté de la communauté juive en France et donc aussi à Lyon, nous avons pris la décision, au niveau local comme au niveau national, d’investir nos ressources dans le domaine social et le domaine culturel et non plus dans les frais de fonctionnement de notre bâtiment. 

   C’est une décision qui a été lourde à prendre mais vis-à-vis de laquelle nous sommes tout à fait à l’aise. C’est le rôle d’une institution comme la nôtre de prendre des décisions qui permettent de sauver la veuve et l’orphelin et non plus payer des factures d’électricité. 


A.J.: Que devrait concrètement apporter ce transfert ? 

R.O. : Nous allons nous repositionner dans des quartiers de Lyon vers lesquels la communauté a bougé depuis ces quinze-vingt dernières années. Le quartier de la Part-Dieu est devenu le centre de la vie économique et commerciale de Lyon et n’est plus un quartier de vie juive comme il l’a pu l’être auparavant. Les personnes que l’on soutient sur les aspects sociaux sont en besoin de solidarité et de bourses, elles sont en situation de handicap ou sont des personnes âgées. Notre centre était devenu pour elles compliqué d’accès. On va ainsi se rapprocher de là où elles vivent. Nous attendons toutefois que la vente de nos locaux soit actée – ce qui n’est pas encore le cas – pour nous repositionner. 

En prenant des locaux plus mesurés, nous allons donc diminuer nos coûts de fonctionnement. Cela va permettre de renforcer notre vie culturelle identitaire, via le développement de cours, de conférences et de débats. Ce déménagement va aussi permettre de réaliser des investissements massifs sur le social à travers le CASIL (Comité d’action sociale de Lyon) qui, à Lyon, doit faire face aux besoins du public de Rhône-Alpes. 


A.J.: Quelle sera la place de la jeunesse dans ce changement ? 

R.O. : Avec le programme Noé dont Philippe Lévy est le responsable, nous entendons remobiliser la vie locale et la jeunesse. Ce dispositif où tout le monde travaille ensemble quelles que soient ses tendances religieuses ou politiques a déjà fait ses preuves à Paris et à Strasbourg. 


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