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16 Septembre 2019 | 16, Elul 5779 | Mise à jour le 16/09/2019 à 13h07

Rubrique France/Politique

Que comprendre de l’affaire Yann Moix ?

Chouchou de la communauté et apprécié pour ses prises de positions clairement philosémites, l’auteur et ancien chroniqueur d’ONPC a vu sa part d’ombre dévoilée en plein jour avec les révélations sur ses (anciens) écrits et dessins antisémites. Depuis ses excuses, chacun y va de son point de vue.

Il devait certes occuper les devants de la scène culturelle de cette rentrée mais cela devait être pour la publication de son roman « Orléans » (paru chez Grasset), dans lequel il raconte son enfance marquée, traumatisée, par la violence de ses parents. Yann Moix a finalement annoncé, ce 2 septembre qu’il décidait de ne plus assurer la promotion de son livre et de «se mettre en retrait des médias ». La polémique autour de ses dessins et récits antisémites commis dans sa jeunesse semble avoir eu raison –pour un temps du moins – de son envie de s’exprimer. 

Demandant le pardon de « toutes les personnes, quelles qu’elles soient, celles de la communauté juive, mais aussi tous ceux qui se sentent respirer comme des humains », lors de son passage, de l’autre côté du bureau, à l’émission On n’est pas couché samedi 31 août, Yann Moix n’en finit pas, depuis, de faire réagir à son sujet. 

À l’origine, les révélations de l’hebdomadaire l’Express, des extraits d’une revue artisanale, « Ushoahiah », dans laquelle l’intéressé avait, entre 1989 et 1990, publié sous le pseudonyme « AuschwitzMan » des dessins et textes absolument abjects. Il s’en était notamment pris à Bernard-Henri Levy, dont il est l’ami aujourd’hui, en le qualifiant de « youpin dont le crâne n’a hélas pas été rasé par les amis d’Adolf ». Il versait aussi dans le négationnisme en écrivant que « Chacun sait (…) que les camps de concentration n’ont jamais existé ». 

Reconnaissant depuis la paternité de ces horreurs dans les colonnes de Libération, et s’en excusant donc en les qualifiant d’erreurs de jeunesse, Yann Moix trouve désormais presque autant de personnalités qui le soutiennent que d’autres qui préfèrent le laisser sur le bas-côté de la route. 

Ainsi, BHL, au premier chef concerné qui dit « croire au repentir » de son ami. 

« Quand un homme, tout homme et donc aussi un écrivain, donne les preuves de sa volonté de rédemption, quand il s’engage, avec probité, dans le corps à corps avec ses démons, je pense qu’il est juste de lui en donner acte, de lui tendre loyalement la main et, si on le peut, de l’accompagner », écrit notamment le philosophe dans son bloc-notes du Point, qu’il a, pour le coup, publié plus tôt que prévu.

Autre philosophe interrogé sur le sujet, Pierre-André Taguieff, spécialiste des questions relatives à la judéophobie. Dans les colonnes de Marianne, celui-ci rappelle ainsi que « concernant les Juifs, on passe facilement du blâme à l’éloge, et inversement. Bien souvent, l’éloge est l’instrument du blâme ». Puis, interrogé sur la sincérité des revirements constatés chez d’autres aussi, Taguieff répond par la négative. Et d’ajouter : « Il y aussi de la judéophilie opportuniste. Yann Moix me semble en être un bon exemple ».


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