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13 Novembre 2019 | 15, Heshvan 5780 | Mise à jour le 13/11/2019 à 16h44

Rubrique Israël

Israël/Hezbollah : La guerre des nerfs

La fumée monte d'un incendie provoqué par une roquette tirée du Liban près du Moshav Avivim, dans le nord d'Israël, le 1er Septembre 2019. (Flash90.)

Un nouvel épisode de la confrontation entre le Hezbollah et Israël s'est achevé sans dommage. Mais personne ne croit au retour durable du calme sur la frontière nord.

La journée du 1er septembre a rappelé à beaucoup d'Israéliens une autre journée d'été : celle qui, 13 ans plus tôt, avait entraîné le pays dans ce qui allait devenir la 2e guerre du Liban. Une attaque du Hezbollah sur la frontière libanaise contre un véhicule de Tsahal, des tirs massifs de riposte de l'artillerie israélienne, et pendant deux heures, une succession d'informations confuses. Jusqu'au soulagement. Les missiles antichars Kornet tirés par un commando du Hezbollah depuis le sud-Liban contre le poste militaire frontalier d'Avivim n'avaient détruit qu'un véhicule vide et personne n'avait été blessé, contrairement à ce que Tsahal a fait croire au Hezbollah. La milice chiite libanaise avait laissé passer l'orage. En fin d'après-midi, toutes les consignes de confinement données à la population des localités frontalières étaient levées. 

Mais le danger n'est pas écarté. Le Hezbollah, quoi qu'il en dise, n'a pas obtenu « réparation » selon ses propres critères. La loi du talion n'a pas fonctionné, alors qu'il prétendait venger la mort de ses deux miliciens tués dans une frappe de Tsahal près de Damas une semaine plus tôt. Et que dire de l'affront essuyé à quelques heures de là au cœur même de son bastion de la Dahiya de Beyrouth ? Le raid de drones attribué à Israël était censé viser le projet d'armement de précision dont le Hezbollah veut doter une partie de son arsenal de missiles. Bien sûr, le fait qu'Israël n'ait pas formellement revendiqué cette action laisse au mouvement chiite libanais le choix de riposter ou non. Mais des responsables de l'organisation terroriste ont déjà promis qu'Israël n'était pas quitte. 

Ce qui se joue désormais est une nouvelle étape dans la lutte contre le projet de l'Iran de menacer Israël avec des armes stratégiques meurtrières. Puisque Tsahal a régulièrement bombardé les convois de missiles sophistiqués qu'il destinait au Hezbollah, il a jugé plus pratique d'améliorer sur place les armes qu'il possédait déjà. Un plan en cours de réalisation,  que Binyamin Netanyahou avait dénoncé il y a bientôt un an, depuis la tribune des Nations unies. Le chef du gouvernement israélien a tenté de le contrer par la voie diplomatique, mais sans véritable succès. Le 30 août, il en avait encore parlé au président Macron, dont les tentatives pour régler la crise consécutive au retrait américain de l'accord sur le nucléaire iranien, ne sont pas faites pour rassurer Jérusalem. 

Alors, Israël a-t-il les moyens de freiner les ambitions de l'Iran et de sa milice supplétive ? La FINUL, dont le mandat à la frontière vient d'être renouvelé par l'Onu, ne remplit pas sa mission. Le Liban, qui redoute une guerre avec Israël dont le Hezbollah serait la cause, est tétanisé par le mouvement chiite. Et une action préventive d'Israël serait lourde de conséquences. En attendant, il faut pourtant craindre de voir se reproduire des incidents comme celui du 1er septembre. En escomptant que les deux camps sauront garder leur sang-froid.


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