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13 Novembre 2019 | 15, Heshvan 5780 | Mise à jour le 13/11/2019 à 15h47

Rubrique Israël

Israël : Elections sans passion

Benny Gantz, tête de la liste centriste Bleu Blanc. (Flash90.)

Pour la deuxième fois en six mois, les Israéliens retournent aux urnes le 17 septembre pour élire leur Parlement, qui décidera qui sera leur Premier ministre. Comme en avril, l'enjeu reste d'abord un plébiscite sur Benyamin Netanyahou.

Les Israéliens n'ont pas l'habitude des scrutins à deux tours. C'est peut-être pour cela qu'ils n'ont pas réussi à se passionner pour ce second appel aux urnes en l'espace de six mois, pour renouveler un Parlement qu'ils venaient à peine d'élire. C'est la première fois dans l'histoire du pays, que le candidat désigné ayant échoué à former le gouvernement a préféré déclencher la dissolution de la Knesset, plutôt que de passer la main à un autre élu. Avigdor Lieberman, le leader du parti Israël Beitenou, a sa part dans ce scénario inédit, puisque c'est lui qui a bloqué le processus en refusant de faire alliance avec Benyamin Netanyahou, qui sans lui, ne pouvait réunir que 60 voix à la Knesset, alors qu'il lui en fallait 61 pour former une majorité.

Six mois plus tard, les électeurs israéliens ont en face d'eux les mêmes candidats, et peu ou prou les mêmes partis. Rien n'est venu changer la donne d'un scrutin qui se joue toujours entre le bloc de droite et celui du centre. Comme le 9 avril, il s'agira de départager lequel, de Benyamin Netanyahou, Premier ministre Likoud sortant ou de Benny Gantz, tête de la liste centriste Bleu Blanc et ancien chef d'état-major, sera en mesure de former une nouvelle coalition gouvernementale. Et comme le 9 avril, c'est probablement Lieberman qui détiendra la clé. 

D'autant que tout dans cette échéance semble déséquilibré. On sait tout du Premier ministre sortant et presque rien de son rival. Quel est le programme de Gantz ? Avec qui sera-t-il prêt à faire alliance s'il se voit confier la formation du gouvernement ? Comment s'arrangera-t-il avec ses colistiers ? Rotation, union nationale ? Avec les partis laïcs ou les religieux ? Le public est plutôt désorienté.

Le calendrier n'a pas non plus servi les candidats. Difficile d'intéresser le public en pleine période estivale, quand il préfère se détendre sur les plages et profiter des vacances. La campagne est donc restée largement invisible. Peu ou pas de grands meetings électoraux, pas d'affiches dans les rues, ni de distribution de tracts aux carrefours. Il faut dire que les partis misent plus aujourd'hui sur les déclarations médiatiques et les réseaux sociaux. Ce n'est donc que depuis le début du mois de septembre que la campagne a véritablement commencé. 


Tout dans cette échéance politique semble déséquilibré


Une campagne expresse, où il faut réveiller l'opinion en misant sur la dramatisation. A droite, Benyamin Netanyahou, comme au printemps dernier, veut apparaître comme la cible de ses adversaires, dont le véritable but serait de le renverser, alors qu'il est le seul à avoir l'expérience nécessaire pour conduire le pays. Au centre et à gauche, les candidats brandissent les menaces que ferait peser sur la démocratie israélienne une réélection du leader du Likoud, qui doit encore répondre devant le Procureur Général de soupçons de corruption, et qu'ils accusent d'utiliser le scrutin pour échapper aux poursuites. Et les deux blocs s'empoignent sur un projet de loi approuvé par le gouvernement, sur l'utilisation de caméras dans les bureaux de vote pour prévenir des fraudes. Finalement, le texte n'a pas passé le barrage de l'opposition en commission.

De toute façon, cette bataille technique démultipliée par les médias dépassait les électeurs, qui voulaient qu'on leur parle de leurs problèmes et de leurs attentes. Tout dépendra donc du taux de participation des fidèles du Likoud, comme de ceux qui veulent un changement. 


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