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23 Octobre 2019 | 24, Tishri 5780 | Mise à jour le 18/10/2019 à 12h54

Rubrique Israël

Annexion et frontières de Sion

Le 10 septembre 2019 Le Premier ministre Benjamin Netanyahu fait une déclaration à la presse concernant la mise en œuvre de la souveraineté israélienne sur la vallée du Jourdain et ses implantations à Ramat Gan. (Flash90.)

Benyamin Netanyahou a ramené la question de l'avenir des implantations de Judée-Samarie au cœur du débat politique israélien. Si ses motivations étaient évidemment dictées par la campagne électorale, l'imminence de la publication du plan de paix américain y a aussi sa part.

Depuis l'échec du processus d'Oslo et la vague de terrorisme de la 2e intifada au début des années 2000, Israël n'avait plus réellement envisagé le sort de ses frontières définitives, à l'exception notable du retrait unilatéral de la Bande de Gaza, conduit en 2005 par Ariel Sharon. La question de la Judée-Samarie avait depuis été laissée de côté, jusqu'à ce que le président américain Donald Trump décide d'initier son "deal du siècle", censé mettre un terme au conflit israélo-palestinien. 

Le 10 septembre, le Premier ministre israélien a donc annoncé son intention de faire "appliquer la souveraineté d'Israël sur toutes les implantations de Judée-Samarie", précisant toutefois qu'il ne le ferait qu'après avoir obtenu un "mandat clair des électeurs". Benyamin Netanyahou a estimé que ce plan pourrait commencer par la Dépression du Jourdain et le nord de la mer Morte, qui marqueraient ainsi les "frontières permanentes de l'est d'Israël". "Nous n'avions plus eu une telle occasion depuis la guerre des Six Jours, et elle pourrait bien ne pas se représenter avant 50 ans" a plaidé le Premier ministre Likoud, ajoutant que cela ne se ferait qu'en étroite coordination avec les Etats-Unis.

Depuis, le chef du gouvernement israélien a étendu sa promesse au quartier juif de Hébron et à l'implantation voisine de Kyriat Arba. Ce faisant, Benyamin Netanyahou sait qu'il prend des risques au plan international, mais qu'en revanche il devrait séduire une bonne partie de l'opinion israélienne. Selon un récent sondage de l'Institut d'Israël pour la Démocratie, 48% des Israéliens juifs – si la mesure a le soutien de Washington - sont en faveur d'une annexion de toute la zone C de Judée-Samarie, celle des trois qui est déjà sous le contrôle d'Israël en vertu des accords israélo-palestiniens de 1993. 

Le projet du Premier ministre Likoud a bien évidemment, campagne électorale oblige, suscité les critiques de tous les autres partis en lice pour le scrutin du 17 septembre. Dans le camp nationaliste, on le suspecte de ne pas aller plus loin qu'un effet d'annonce. A gauche, on l'accuse de propagande électoraliste et de mise en danger du processus négocié de règlement du conflit.

Reste la réalité sur le terrain. Celle du peuplement de la Judée-Samarie, qui a débuté dans les années 70 et qui compte aujourd'hui plus de 400 000 Israéliens, dont certains sont déjà la troisième génération établie dans les implantations. Une population composée de laïcs, de religieux sionistes et même d'ultra-orthodoxes, installés pour des motivations idéologiques, économiques, ou simplement pour la qualité de vie que n'offrent pas les grands centres urbains du centre du pays. Ils y ont développé des communautés soudées, même si beaucoup d'implantations peuvent être des cités dortoirs que les habitants quittent chaque matin pour aller travailler dans la région de Tel Aviv ou de Jérusalem. Pourtant, la Judée Samarie commence à développer sa propre économie autour de la viticulture, du tourisme ou de ses parcs technologiques.

Les Israéliens de Judée-Samarie se sentent pourtant citoyens de seconde zone, alors qu'ils sont soumis à un régime différent de celui du reste du pays et attendent la reconnaissance de la souveraineté, qui leur éviterait le sort des Israéliens de la Bande de Gaza. 


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