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16 Septembre 2019 | 16, Elul 5779 | Mise à jour le 16/09/2019 à 13h07

Rubrique Judaïsme

Parachat Ki tétsé : Pour le Bien de l’autre

La mitzva de construire un parapet sur le toit de notre maison pour éviter une chute. (DR)

Dans le second chapitre de notre paracha, la Thora nous enseigne une loi dont l’évidence n’échappera à personne mais qui, d’un autre côté, est formulée dans un style très particulier. C’est la mitzva de construire un parapet sur le toit de notre maison pour éviter une chute. Pour comprendre la problématique de cette mitzva, il faut reprendre le verset qui nous la décrit, même si la syntaxe n’est pas tout à fait dans les normes. Voici le texte : quand tu construiras une nouvelle maison, tu feras un parapet pour ton toit. Tu ne mettras pas de sang dans ta maison car il pourrait tomber celui qui tombe (1).

Dans une approche première, ce verset appelle deux questions. La première concerne l’adjectif « nouvelle ». En règle générale, l’obligation du parapet s’applique aussi dans le cas d’une maison ancienne qui n’avait pas de parapet jusqu’à présent ! Deuxièmement, que signifie l’expression « … car il pourrait tomber celui qui tombe » ? A priori, le but d’un parapet est d’éviter une chute. Comment dès lors, le verset peut-il envisager cette chute comme un fait préétabli ?


Une précaution

La maison dont il est question ici, c’est notre environnement qui, bien souvent, est éloigné de la connaissance du judaïsme. Nous avons alors le désir de changer cet environnement pour en faire un lieu où règne la présence divine, en d’autres termes, faire de cet espace « une maison nouvelle ». Dans cette perspective, une précaution s’impose : mettre un parapet sur le toit de la maison nouvelle. Quand on apporte de la Thora à notre prochain, on peut en tirer un certain profit intellectuel. On se sent, soudainement, comme investi d’une mission d’importance. Si D.ieu nous a confié la mission de changer notre monde, c’est que peut-être, quelque part, nous ne sommes pas n’importe qui ! Et là, deux chutes sont possibles : d’abord chez celui qui apporte. L’orgueil qui peut naître de cette situation peut entraîner chez lui une chute spirituelle qui consiste à penser qu’on lui doit des honneurs du fait de sa noble fonction d’éducateur. Il doit donc se protéger par un parapet. Quel est ce parapet ? La conscience permanente qu’il n’est que l’émissaire du Créateur pour sensibiliser un autre Juif au judaïsme. 


Faire-valoir

L’autre chute peut se produire chez celui que l’on veut influencer. Ce dernier, du fait de sa situation d’éloignement est déjà en état de « celui qui tombe ». Mais il risque de tomber plus bas s’il remarque que celui qui veut lui apporter de la Thora met plus en avant sa personne que le message qu’il véhicule. Chez certains, la Thora peut devenir un faire-valoir : on profite du message séduisant de la Thora pour se mettre en valeur et se grandir aux yeux des autres. Si cette valorisation se remarque, les conséquences seront très graves : celui que l’on aura voulu influencer ne donnera aucune crédibilité à la Thora et la refusera. Là est l’urgence de la mitzva du parapet. 


Note :

  1. Dévarim, chap. 22, verset 8

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