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23 Octobre 2019 | 24, Tishri 5780 | Mise à jour le 18/10/2019 à 12h54

Rubrique Judaïsme

Parachath Ki tavo : Une bonne terre

(Flash90.)

Lorsque le peuple juif était installé sur sa terre, chacun avait l’obligation d’apporter au Temple de Jérusalem les Bikourim, les premiers fruits de son champ. Chaque offrande était, alors, accompagnée d’une proclamation solennelle dans laquelle on rappelait les bontés de D.ieu. On pourrait penser, de prime abord, que cette proclamation avait pour raison d’être le privilège de pouvoir consommer des fruits nouveaux. Le texte nous apprendra subtilement qu’une autre raison justifiait cette offrande.

Il est étonnant, remarquent les commentateurs que lors de la présentation de l’offrande, le Juif ne rappelait pas les grands faits de son histoire comme l’ouverture de la mer, la guerre contre Amalek, ou le puits miraculeux de Myriam. Il ne mentionnait que deux bontés : celle d’avoir été sauvé d’Egypte et celle d’avoir été sauvé des mains de Lavane, le beau-père de Yaakov, chez qui le patriarche séjourna une vingtaine d’années. Pourquoi le Juif qui se présentait au Temple de Jérusalem ne devait-il mentionner que ces deux faits ?


Installation définitive


On trouvera un premier élément de réponse dans le rappel d’un détail concernant la première offrande de fruits nouveaux, lors de la conquête de la terre d’Israël, quarante ans après la sortie d’Egypte. A ce propos, Rachi (1) nous rappelle que ces fruits ne furent offerts que 14 ans après le début de la conquête, c'est-à-dire après l’installation définitive sur la terre d’Israël. Ce détail est déterminant pour comprendre le sens de notre réponse. Quand un Juif apportait les premiers fruits de son champ au Temple, il rendrait grâce à D.ieu non seulement pour les beaux fruits que son champ avait donnés mais aussi et surtout pour le fait d’être installé dans la tranquillité  et la largesse.


Le plus précieux


C’est ce qui explique le contenu de sa proclamation : celui qui apportait ses premiers fruits rappelait que ses ancêtres avaient séjourné à deux reprises dans des lieux fixes (chez Lavane et en Egypte) au péril de leur vie et que D.ieu les avait sauvés. Cette indication est un repère important qui nous permettra de saisir la dimension réelle du judaïsme. La terre large et tranquille dont il est fait mention, n’est pas un but en soi. En d’autres termes, la matérialité d’un Juif n’existe que pour être transformée et devenir le lieu d’expression du divin. Cette orientation se manifestait dans la mitzva d’apporter au Temple les premiers fruits, c'est-à-dire le plus précieux de la matérialité. Par cela, le Juif montrait que seule importait sa relation avec D.ieu et qu’il était prêt à mettre de côté son penchant pour les plaisirs du monde. 


Note :

  1. Voir son commentaire sur le début de la paracha.


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