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23 Octobre 2019 | 24, Tishri 5780 | Mise à jour le 18/10/2019 à 12h54

Rubrique Monde juif

Les synagogues sont de retour

La synagogue Lemnaria située dans la ville de Chisinau en Moldavie.(DR)

En Moldavie, Russie et Slovaquie, des anciennes synagogues fermées par le pouvoir communiste vont rouvrir leurs portes.

La synagogue en bois, aussi dénommée Synagogue Lemnaria, saisie par le pouvoir soviétique il y a presque 80 ans vient de rouvrir dans la capitale de la Moldavie, Chisinau, plus connue sous le nom de Kishinev (en raison de son « célèbre » pogrom). Ce, lors d’une cérémonie qui a réuni environ     300 personnes.

Construit en 1835 et « nationalisé » en 1940, ce lieu de culte est le quatrième d’un pays considéré comme le plus pauvre d’Europe et dont la communauté ne compte, aujourd’hui, que quelques milliers de membres. Selon les observateurs, presque 19.000 Moldaves ont, au moins, un grand parent juif, mais seulement 3.000 sont juifs « selon la halacha ».

En Russie, maintenant, où la municipalité de Syzran, une ville sise sur les bords de la Volga et au pied des montagnes de l’Oural, a rendu à la communauté locale la synagogue édifiée en 1910 et fermée par les communistes vingt ans plus tard. Conséquence de cette restitution: dans les deux ans à venir, ce bâtiment, classé au patrimoine de la cité, redeviendra une synagogue au plein sens du terme après avoir reçu un sefer Torah. 

En fait, très courageusement, la communauté de Syzran avait déjà réclamé son lieu de culte… en 1943. Ce que peu d’autres de ses homologues n’avaient fait, craignant, à juste titre, des représailles émanant du pouvoir stalinien. Bien entendu, cette demande avait été refusée et le site transformé, par la suite, en club culturel. 

Dernière étape du périple: la Slovaquie où, pour la première fois depuis la Shoah, la rédaction d’un sefer Torah, réalisée par un sofer vivant dans l’Autriche voisine, a été terminée sur place; et ledit sefer Torah placé dans une synagogue de la capitale slovaque, Bratislava. 

« Ceci représente l’un des moments les plus émouvants de toute ma vie », a déclaré le Dr Tomas Stern, le président de la communauté juive de la ville après avoir écrit l’une des dernières lettres de la dernière paracha. « Je me souviens que ma mère me racontait comment des survivants de la Shoah avaient ramené, sans faire de bruit, une Torah dans la synagogue juste après la guerre, a dit, de son côté, l’un des participants aux réjouissances. Il l’avait serrée en pleurant puis l’avait accompagnée de la cour jusqu’à la shoule. Mais, une procession en chantant comme celle-ci, ils n’auraient jamais imaginé que cela soit possible ». 

A noter, en passant, que, de nos jours, 2.600 juifs vivent en Slovaquie alors qu’ils étaient 136 000 avant la guerre (dont presque 80% ont été tués par les nazis). Et que 15.000 d’entre eux habitaient Bratislava (anciennement Pressburg) constituant, alors, 12% de la population totale. 


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