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13 Novembre 2019 | 15, Heshvan 5780 | Mise à jour le 12/11/2019 à 15h40

Rubrique Culture/Télé

Steve Suissa : « Bâtir un pont d’amour entre la France et Israël est un joli signe de paix »

Crédit : EMMANUEL DUMONTET

Eminent metteur en scène de théâtre, producteur de Bérechit sur France 2 le dimanche, Il organise depuis 3 ans le festival du théâtre français à Tel-Aviv et ouvre prochainement la 3e antenne de son école de théâtre en Israël après Netanya et Ashdod. Ce sera à Tel-Aviv au Centre Suzanne Dellal.

Actualité Juive : Ce festival suscite indéniablement l'intérêt du public. Les deux précédentes éditions du Festival se sont jouées à guichets fermés. Vous êtes surpris de ce succès ?

Steve Suissa : Non car je pense que Jean-Marc Dumontet et moi avons jusqu'à présent apporté des spectacles de qualité. Nous mettons tout en oeuvre afin que tout soit optimal. Comme construire des décors que l'on détruit une heure et demie après. Personne ne l'avait jamais fait. Les éclairages sont ceux imaginés par les créateurs et la qualité du son équivalente à celle des concerts d'Omer Adam. On fait faire le tour du pays aux acteurs et à leurs familles quand ils viennent. On est là pour faire de la transmission et non du business.


A.J.: Comment vous est venue l'idée de ce festival ?

S.S. : J'étais venu il y a 8 ans au Collège Académique de Netanya sur invitation de Claude Brightman présenter Le journal d'Anne Franck avec Francis Huster. On a donné deux représentations, l'une à Netanya et l'autre à la cinémathèque de Tel-Aviv. C'était sur liste d'attente. Et en repartant, je me suis dit que ce n'était pas un hasard et qu'il fallait bâtir un pont d'amour entre la France et Israël. Et que je ne voyais pas pourquoi une grande ville comme Tel-Aviv et un grand pays comme Israël n'auraient pas droit à leur festival.


A.J.: Quel type de public se déplace pour ce festival?

S.S. : Des francophones qui ont l'habitude d'aller au théâtre. Et d'autres, comme moi, comme mes parents, qui n'ont pas été éduqués à cette gymnastique culturelle. Ils viennent au départ car ils sont très fiers que de grands artistes aient le courage de faire le déplacement pour jouer devant eux. Ils viennent donc leur faire kavod, leur rendre hommage. Et là ils découvrent le théâtre, loin de l'image qu'ils s'en faisaient. C'est-à-dire un acteur qui déclame et qui a de la mémoire. Ils découvrent de l'émotion. On trouve aussi des Israéliens qui aspirent à un programme de qualité et qui peuvent profiter du sur titrage en hébreu. C'est ce mélange qui est très émouvant.


A.J.: Vu les pièces jouées à Tel-Aviv, on peut dire que vous n'avez pas choisi la facilité…

S.S. : J'aurais pu amener des pièces de boulevard mais j’ai préféré choisir des thématiques fortes. L'année dernière l'identité, cette année le courage. A travers des spectacles profonds mais aussi réjouissants qui donnent à réfléchir, élèvent le débat et grandissent les âmes. Improbable de faire plus fort que l'avant-première en Israël, avant la parisienne, de Fleurs de soleil tirée du texte éponyme de Simon Wiesenthal, une pièce sur le pardon jouée par Thierry Lhermitte. Un privilège offert aux francophones d'Israël. Tout comme la plaidoirie de Richard Malka sur Charlie Hebdo que Richard Berry a réservée pour Israël et qu'il ne fera sans doute nulle part ailleurs.  


A.J.: Quel est le sens de ce festival ?

S.S. : Nous souhaitons bâtir un pont de culture, car la culture peut contribuer à réparer le monde. Pendant une heure et demie il y a la paix et des émotions. Et parvenir à le bâtir dans un des endroits les plus fragiles du monde est un joli signe de paix, un rassemblement d'amour. Car ce pays mérite l'amour et ses habitants aussi. Je pense que les générations à venir ne grandiront pas pareil avec ou sans culture.  


A.J.: Vous ambitionnez de faire de ce festival un festival international du théâtre. Comment comptez-vous relever ce défi ?

S.S. : J'essaie déjà de le relever. Bronx qui sera joué par Francis Huster est adapté du film de Robert de Niro. Les acteurs que l'on amène à Tel-Aviv sont les plus grands acteurs français. J'ai déjà des idées de spectacles qui mélangeraient sur scène acteurs israéliens et français et d'amener des pièces américaines. Cela va faire son chemin. 


A.J.: Vous êtes à la fois comédien réalisateur, producteur. Mais qui êtes-vous véritablement ?

S.S. : Je suis avant tout un entrepreneur et un bâtisseur. J'ai une maman qui s'appelle la France et un papa Israël et j'ai envie qu'ils restent ensemble. Je fais ce que je peux pour que les futures générations soient enrichies de pensées positives et de lumière.

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