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12 Décembre 2019 | 14, Kislev 5780 | Mise à jour le 11/12/2019 à 17h51

Rubrique France/Politique

« L’inauguration du CEJ est le début d’un renouveau »

(Alain Azria)

Projet pharaonique du Consistoire, le Centre européen du judaïsme a été officiellement inauguré mardi 29 octobre au soir en présence du chef de l’Etat Emmanuel Macron et de nombreuses personnalités.

A la nuit tombante, la façade de l’imposant édifice situé Porte de Courcelles dans le dix-septième arrondissement de la capitale, non loin de la Place de Jérusalem, s’illumine de multiples couleurs. Le spectacle peut commencer alors que le quartier entièrement bouclé pour l’occasion donne l’impression que le temps s’est un peu arrêté. 

Plus tôt dans la journée, c’était l'effervescence : du dernier rush dans les travaux jusqu’à la décoration extérieure pour accueillir convives et personnalités. Rien n’a été laissé au hasard. Tout a été fait pour que cet événement soit couronné de succès. Il est près de 17h30. Une foule nombreuse, bercée par un orchestre de violonistes, a déjà rejoint l’immense salle des fêtes du CEJ où l’on aperçoit le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner, son secrétaire d’Etat Laurent Nunez, le ministre de la Culture Franck Riester, la maire de Paris Anne Hidalgo, la présidente de la région Ile-de-France Valérie Pécresse mais aussi l’écrivain Marek Halter, le cinéaste Alexandre Arcady sans oublier les grands donateurs du CEJ comme Patrick Drahi, Eric et David de Rothschild. En guise de chef d’orchestre de la soirée, l’homme de télévision Ariel Wizman.

Avant son entrée dans l’arène, le président de la République avait pris le temps de visiter les lieux à l’abri des caméras, s’arrêtant notamment devant certaines oeuvres exposées comme celles de Yaacov Agam, l’un des fondateurs de l’art cinétique. 

Dans un discours inaugural empreint de solennité, le président du Consistoire Central et de Paris Joël Mergui s’est d’abord dit « très heureux de voir cette salle pleine pour la première fois ». « Treize ans ont passé entre la signature du bail et aujourd’hui. Ce projet s’est inscrit dans la durée depuis la promesse d’un terrain faite par Jacques Chirac, dont je salue la mémoire, puis Jean Tibéri, à notre regretté grand rabbin de France Joseph Haïm Sitruk (zl) et au Consistoire ».

La voix émue, le président des Consistoires a rappelé les longues étapes de ce projet qu’il a porté depuis ses débuts : attribution officielle du terrain en 2006, permis de construire en 2012, début des travaux en 2015… Les événements tragiques qui ont touchés de plein fouet le judaïsme hexagonal ces dernières années (Ilan Halimi, attentats de Toulouse et de l’Hyper casher, Sarah Halimi, Mireille Knoll…) n’ont pas altéré la détermination du dirigeant consistorial.

« Mais je l’avoue, j’ai douté, j’ai été ébranlé », a-t-il reconnu. Et de poursuivre : « Tant que notre sécurité et notre liberté de conscience seront garanties, le Consistoire a le devoir de continuer d’envisager notre avenir en France. L’inauguration du CEJ est le début d’un renouveau ». Vont se côtoyer harmonieusement des publics différents, des intellectuels, des experts, des artistes... Objectif : « Promouvoir le judaïsme avec l’espoir de faire évoluer les mentalités et de lutter contre les préjugés ».  

Invité ensuite à prendre la parole, le grand rabbin de France Haïm Korsia a tenu à rappeler la devise du Consistoire   « Religion et Patrie ». Temps fort : lorsqu’il a invité l’assistance à répondre « amen » au moment de réciter la prière pour la République.

De son côté, Emmanuel Macron s’est vivement félicité de la construction du CEJ. « Le judaïsme a coulé dans les veines de l'Europe durant plus de deux millénaires et a contribué à forger notre civilisation. Qu'un centre soit là, bâti aujourd'hui, pour mettre des faits, des mots, des oeuvres sur la civilisation judéo-chrétienne, le président de la République que je suis ne peut l'accueillir qu'avec une immense bienveillance ».  


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