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23 Octobre 2019 | 24, Tishri 5780 | Mise à jour le 18/10/2019 à 12h54

Rubrique Judaïsme

Kippour, ou l’essence de l’âme juive

(Flash90.)

La grandeur exceptionnelle du jour de Kippour fait l’objet, dans le Talmud, d’une divergence d’opinions entre deux courants. Les Sages, dans leur majorité pensent que Yom Kippour ne procure l’expiation des fautes que chez ceux qui décident de se repentir de leurs mauvais comportements. Rabbi Yéhouda Hanassi, lui, va plus loin puisqu’il pense que l’essence même de ce jour efface les fautes, qu’il y ait repentir ou non. Quel est l’enjeu de ce débat ?

Sur le plan pratique, l’issue de ce débat donne raison aux Sages du Talmud. Pour bénéficier de la grandeur de Kippour, il faudra manifester un désir de repentir, comme le précise le Rambam (Maïmonide) dans son œuvre de loi, le “Michné Thora” : l’essence de Yom Kippour procure l’expiation à ceux qui reviennent vers D’. Toutefois, en filigrane, on peut s’interroger sur la spécificité de ce jour. Quand un homme commet une faute, il “dépose” sur son âme, un dommage presque physique. Comment dès lors cette trace peut-elle être effacée par le simple fait qu’un jour particulier   vient de naître ?

Pour comprendre cette donnée, il faut, au préalable, expliquer la nature du lien existant entre D’ et son peuple. Ce lien trouve deux expressions. La première est celle qui naît de l’étude et de la pratique du judaïsme. Par ce biais, le Juif consolide son identité juive et se rapproche, chaque jour, un peu plus de D’. La seconde expression, elle, ne dépend nullement de cette étude et de cette pratique parce qu’elle traduit un lien profond avec D’, un lien qui dépasse toutes les considérations humaines et logiques. 


Un temps où le Juif est au- dessus de la matérialité


C’est la flamme divine qui anime son âme et qui ne peut être atteinte par aucune souillure. Bien évidemment, dans la vie quotidienne, un Juif loin du judaïsme ne ressentira pas la densité de ce lien, mais il se dévoilera chez lui au détour d’une action qui nécessitera un engagement total de son être : au cours de notre histoire, nombreux furent les Juifs simples, sans qualités extérieures apparentes, qui donnèrent leur vie pour l’amour de D’ et de Sa Thora.

C’est ce point spécifique de l’âme juive que Yom Kippour met en valeur. Durant cette journée, le caractère exceptionnel de ce temps met en relief le caractère exceptionnel de l’âme juive. C’est ce qui explique l’existence des cinq interdictions spécifiques à ce jour qui concernent toutes, une situation de confort physique : ne pas boire, ne pas manger ne pas porter de chaussures de cuir, etc. Parce que Yom Kippour est le dévoilement du plus haut point de l’âme, un temps où le Juif est au-dessus de la matérialité. 



La veille de Kippour


•On procède à l’annulation des vœux : « Hatarat nédarim ». Le principe est de dénoncer les vœux que l’on aurait prononcés durant l’année et pas réalisés. Ce cérémonial se trouve au début de tout rituel de Kippour. Dans la prière, on ne dit pas de « séli’hot ». Le matin on ne récite ni « Tahanoun », ni « Avinou Malkenou ». 

•L’office de Minha, bien que se situant en dehors de la journée de Kippour anticipe déjà la reconnaissance de nos fautes. C’est ainsi que nous récitons le « Vidouï » et que l’on ajoute certains passages particuliers (voir le rituel de Kippour).

•Les hommes s’efforceront d’aller au mikvé. Lors de l’immersion, ils ne réciteront pas de bénédiction.

• Les communautés achkénazes et sépharades ont pour coutume, la veille de Kippour, de procéder aux Kapparot. Cette cérémonie rappelle le « Korbane ‘Hatate » (sacrifice que l’on apportait à l’époque du Temple pour une faute faite non intentionnellement). Elle consiste en l’abattage d’un poulet par personne, de préférence un coq blanc pour un homme et une poule blanche pour une femme. Avant d’abattre le volatile, on le faisait tourner plusieurs fois au-dessus de la tête de la personne concernée en récitant un texte que l’on trouvera dans le rituel de Kippour.

•Ces poulets sont ensuite soit consommés lors du repas avant le jeûne, soit distribués à des nécessiteux. De nos jours, on remplace les poulets par de l’argent que l’on donne aux pauvres. Ceci afin de renforcer la Mitsva de Tsédaka qui a le pouvoir d’effacer nos fautes. Il est à noter que certaines autorités rabbiniques considèrent que ce cérémonial pourrait être assimilé à de la sorcellerie et le déconseille donc. Cet avis ne fait pas l’unanimité et l’ensemble des communautés continue à le pratiquer.

•La veille de Kippour le jeûne est interdit. C’est une mitzva de bien manger afin de montrer notre foi et notre confiance dans la miséricorde divine.

•La « Séouda Maphséket » est le dernier repas que nous consommons avant le jeûne. C’est un repas de fête, qui s’arrêtera une demi-heure avant le coucher du soleil. On ne fait pas de Kiddouch, mais la table est dressée avec deux haloth. On évite de manger du poisson, des plats indigestes, des boissons enivrantes. On lit le birkat hamazon avec calme et un recueillement particulier. On s’habille avec soin, certains ont l’usage de s’habiller en blanc. 

•On allume les bougies après avoir dit les bénédictions (voir ci-contre). On veillera à allumer une bougie qui dure au moins vingt-cinq heures et sur laquelle on récitera la bénédiction de la « Havdala » à la fin de Kippour. Certains allument également des bougies à la mémoire des parents disparus.

• Avant de se rendre à la synagogue, les parents bénissent leurs enfants (voir encadré). On retire les chaussures en cuir et l’on met celles en toile ou en plastique.

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