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16 Décembre 2019 | 18, Kislev 5780 | Mise à jour le 13/12/2019 à 11h26

Rubrique Judaïsme

Souccot ou une leçon d’anatomie

(Flash90.)

Le thème de la nature est particulièrement présent pendant Souccot, notamment par le biais de l’injonction du bouquet des quatre espèces (la branche de palmier, le cédrat, le myrte et le saule) et du toit de la souca composé de végétaux. Le commandement biblique des quatre espèces fait allusion à un autre élément essentiel de la nature : le corps de l’homme.

« Vous prendrez pour vous, le premier jour [de Souccot], le fruit du cédratier, des branches de palmier, des rameaux de myrte et des saules de rivière » (Lévitique 23, 40). A propos de cette injonction, le Midrach (Vayikra Rabba 30, 14) cite un verset connu du Psaume 35 : « Ce sont tous mes os qui déclareront : Eternel, qui est comme Toi ? ». David invite donc l’ensemble de son corps à glorifier D.ieu. Mais quel rapport peut-on établir entre ces deux versets ? Le Midrach répond immédiatement en expliquant que David a prononcé cette phrase en se référant à la branche de palmier de Soucot ! En effet, la branche de palmier renvoie à la colonne vertébrale de l’homme (composée d’os). Les myrtes se réfèrent par leur forme aux yeux. Les feuilles de saule font penser à la bouche. Enfin, le cédrat ressemble au cœur. Quand le roi David s’exclame : « Ce sont tous mes os qui déclareront : Qui est comme Toi ? », il fait référence au bouquet de Souccot qui symbolise son corps qui s’articule et avec lequel il chante le Hallel, des louanges à D.ieu. Le bouquet des quatre espèces que l’on balance constitue une projection du corps humain qui se met en mouvement, qui se déplace, pour accomplir les préceptes divins.

Si le bouquet évoque la colonne vertébrale, les yeux, la bouche et le cœur, c’est car l’application de la Torah nécessite la soumission de la pensée, de la parole, du regard et de la faculté d’agir. Ainsi, la branche de palmier fait allusion à l’action puisqu’on agit en articulant sa colonne vertébrale. Le saule se réfère à la faculté de la parole puisqu’il ressemble à la bouche. Le cédrat est mis en rapport avec la pensée puisqu’il représente le cœur. Quant à la présence du myrte, elle s’explique par le fait que le regard joue un rôle essentiel dans la vie : c’est par le regard que tout commence comme le disent les Sages : « L’œil voit et le cœur désire » (Yefé Toar sur le Midrach). Mais pourquoi insister sur l’importance du corps précisément à Souccot ?

Rabbi Israël Yossef Zoldan (Vayomer Israël p. 326-7) propose un éclairage particulièrement percutant : dénué du corps, l’âme ne peut réaliser la volonté de son Créateur. Le corps est une donnée spirituelle essentielle. Si le corps est en danger ou s’il y a risque de danger de mort ou même possibilité de risque de danger de mort, il est un devoir de transgresser le chabbat.

Kippour est le jour le plus sacré de l’année, celui où la proximité avec le divin est à son comble. Or en ce jour, le corps est non seulement négligé mais contrit. « Vous ferez appauvrirez votre personne » dit la Bible. La sainteté serait-elle synonyme d’ascèse et de souffrance ? Arrive la fête de Souccot qui rétablit la vérité valable pour toute l’année excepté Kippour : on rend hommage au corps car il est le vecteur de la spiritualité, car c'est lui qui nous permet de faire le bien, car c'est lui constitue l’instrument grâce auquel l’âme sert D.ieu. Souccot, c’est la célébration du corps qui se sanctifie, qui s'élève et s'anoblit,  par et pour l’accomplissement des commandements de la Torah. La projection du corps humain au travers du bouquet balancé vers les six directions rappelle que ce corps doit se déployer dans toutes les dimensions de la vie à la lumière de la parole divine inscrite dans notre sainte Torah. 




Les 1er et 2e soirs de fête


C’est une obligation de manger dans une soucca le premier soir de fête après la tombée de la nuit et de consommer au moins 56 grammes de pain (le volume d'un œuf). On y fera dans l’ordre le « kidouch », la bénédiction « léchev basoucca », la bénédiction « chéhé’héyanou ». Après s’être lavé les mains (nétilat) on fera la bénédiction sur le pain (motsi). Le repas de fête terminé, on récitera le birkat hamazone.

S’il pleut le premier comme le deuxième soir de fête, nous sommes dispensés de soucca. Cependant il est recommandé d’attendre, pour certains près d’une heure, sans pour autant que cela gâche le plaisir de la fête. 

Si, à cause de la pluie, on a commencé le repas à la maison et que la pluie cesse, on entre dans la soucca, on récite la bénédiction «léchev basoucca» et l’on consomme au moins 18g. de pain. Au regard de l’état de la soucca, et si cela ne pose pas de problèmes pratiques, on pourra terminer le repas dans la soucca. Sinon, on le continuera dans la maison.

Si la pluie a cessé après « hatsot », la moitié de la nuit, que nous avons terminé notre repas à la maison, et que l’on n’est pas encore couché bien sûr, on refera un repas symbolique dans la soucca. Après s’être lavé les mains, on fera motsi et l’on consommera 56g. de pain. Dans ce cas-là, on ne récitera pas « léchev basoucca », mais l’on fera la prière après le repas (birkat hamazone).

Le deuxième soir de fête, pour les communautés vivant en dehors d’Israël, la règle est la même que pour le premier soir mais on fera la bénédiction « chéhé’héyanou » avant « léchev basoucca ».

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