Default profile photo

13 Novembre 2019 | 15, Heshvan 5780 | Mise à jour le 12/11/2019 à 15h40

Rubrique Judaïsme

Sim’hat Torah : La joie… du repentir

(Flash90.)

Les fêtes du mois de Tichri s’achèvent avec Sim’hat Torah, un moment dont l’intensité est principalement marquée par la danse, la joie et la conclusion de la Torah pour, le même jour, reprendre sa lecture à son début. Ce jour-là, en effet, nous lirons la dernière paracha de la Torah, Vézoth habéra’ha, pour lire aussitôt après, le premier chapitre de Béréchith. Notre réflexion portera aujourd’hui sur le point commun qui peut rapprocher tous ces détails.

Pour comprendre la donnée essentielle de ce jour, nous reprendrons un principe fréquemment rapporté par nos Maîtres, selon lequel, il faut voir un lien entre le début et la fin d’une période. Les premiers jours du mois de Tichri sont marqués par le concept de Téchouva (le repentir) alors que la fin de ce mois est imprégnée par la notion de joie. A priori, nous sommes en présence de deux idées diamétralement opposées ! La Téchouva est un mouvement dirigé vers l’intérieur de l’individu alors que la joie se manifeste à l’extérieur de la personne ! Comment, dès lors, pouvons-nous les associer ?


Partager avec autrui


La Téchouva, ou le désir d’un Juif de se rapprocher de D.ieu procède du sentiment d’humilité : la prise de conscience qu’il a fauté en privilégiant son Moi au détriment de la volonté du Créateur. Il va alors se faire petit et reconnaître ses erreurs. Cette nouvelle réalité sera le tremplin qui lui permettra une nouvelle proximité avec le divin. Curieusement la joie trouve aussi son origine dans l’humilité. Un homme orgueilleux ne peut partager avec autrui car le partage suppose la capacité mentale d’abdiquer son Moi pour tenir compte de celui qui se trouve en face de nous. Or la joie, c’est précisément la capacité à partager une émotion avec l’autre pour, au final, ne former qu’un avec lui. C’est ici que se trouve le point central du début de l’année juive : être un serviteur de D.ieu. Se soumettre à Sa volonté pour comprendre qu’avant toute chose, il faut faire, agir concrètement et obéir au Roi des rois. Par la suite, viendront la réflexion et la  compréhension mais en premier lieu chacun doit se rappeler l’impératif de la soumission. 


Un point de jonction


En ayant saisi cette donnée vitale de l’être juif, on pourra plus facilement comprendre le dernier commentaire de Rachi de la parachath Vézoth habéra’ha qui est lue le jour de Sim’hat Torah. Le commentateur explique que D.ieu félicita Moché pour avoir brisé les Tables de la Loi à la vue du veau d’or. Comment Rachi a-t-il pu achever la Torah par une remarque négative, contrairement au principe talmudique (1) selon lequel on doit toujours conclure sur une note positive ? En fait, la remarque de Rachi intervient dans une perspective positive : lorsque les enfants d’Israël reçurent les premières Tables, ils en conçurent un certain orgueil. Pour éradiquer ce sentiment négatif, Moché brisa les Tables afin de briser cet orgueil par un choc émotionnel. Pour leur bien ! Ce rappel vient à Sim’hat Torah, précisément au point de jonction qui relie la fin et le début de la Torah pour nous signifier que l’humilité doit être le socle de l’étude de la Torah. D’ailleurs, le texte  parle de lui-même. Les derniers mots de la Torah sont : « …aux yeux de tout Israël », pour reprendre aussitôt avec « Au commencement, D.ieu créa le ciel et la terre ». Pour nous apprendre que la foi d’Israël ne doit pas être purement théorique. Un Juif doit voir, (et pas seulement comprendre), dans la réalité palpable du monde que D.ieu crée le ciel et la terre à chaque instant. C’est la voie royale pour imprégner son esprit d’une réelle humilité devant D.ieu…et les hommes. 


Note : (1)  Traité Béra’hoth, p. 31a

Powered by Edreams Factory