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13 Novembre 2019 | 15, Heshvan 5780 | Mise à jour le 12/11/2019 à 15h40

Rubrique Judaïsme

Parachath Noa’h : Contre les déluges de la vie

Le sujet principal de cette paracha est le déluge, une précipitation d’eau qui dura 40 jours et noya complètement le monde quelque 16 siècles après sa création. Parmi les nombreux concepts qui se rattachent à cet évènement, l’éducation occupe une place essentielle. La paracha débute en effet par le rappel des «Toldoth Noa’h», une expression qui signifie «les engendrements», «les fruits» ou encore «les enfants» de Noa’h. Quel rapport peut-on lire entre le déluge et l’éducation ? Comme toujours, c’est l’éclairage de Rachi qui répondra à cette question.

Le déluge dont il est question ici est, dans un premier temps, un évènement qui bouleversa la structure physique de la terre au point d’engendrer un « nouveau monde » comme l’expliquent de nombreux commentateurs. Cependant, nous savons que tout ce que relate la Thora peut se lire sur différents paliers d’interprétations. Il en sera de même ici avec la notion de déluge qui peut aussi être comprise sur un plan moral. De ce fait, on peut alors aisément comprendre le rapport avec l’éducation : quand un homme voit surgir dans sa vie un déluge spirituel ou intellectuel qui risque de bouleverser sa conscience, ses convictions ou tout simplement sa vie, il cherche avant tout à préserver le bien le plus précieux qu’il possède : ses enfants. Quelle voie doit-il emprunter pour y parvenir ? Rachi nous propose deux pistes de réflexion à partir d’une lecture très élémentaire des deux premiers versets de la paracha. Voici comment débute ce texte : « Voici les engendrements de Noa’h ; Noa’h était un homme juste. Il marchait avec D.ieu. Noa’h mit au monde trois fils : Chem, ’Ham et Yafeth ». La logique interne des versets étonne le commentateur : puisque le verset annonce les engendrements de Noa’h, il aurait dû nous donner immédiatement le nom de ses fils. Or, au lieu de le faire, il nous dit que Noa’h était un homme juste ! 


Les premiers fruits


Pour comprendre cette « anomalie », Rachi nous propose deux explications : « Puisque le verset rapporte le nom de Noa’h, il en profite pour faire son éloge (avant de citer le nom de ses enfants). A la suite de ces mots, Rachi rajoute un second commentaire : la Thora veut nous apprendre que l’essentiel des fruits (toldoth) d’un Juste sont ses bonnes actions. Etant décrit, en effet, comme un homme juste avant que l’on parle de ses enfants, c’est donc la preuve que l’essentiel des fruits d’un Juste sont ses bonnes actions. 


Sa première référence


Au-delà de cette analyse première de ce texte, Rachi nous propose, en filigrane, une lecture pédagogique. A propos de son premier commentaire, Rachi veut nous apprendre que nous devons éduquer un enfant au point que lorsque l’on mentionne le nom d’un Juste en sa présence, il s’empresse aussitôt de faire son éloge avec chaleur et enthousiasme. On doit faire en sorte d’attacher l’enfant, au-delà du temps et de l’espace, aux Justes de toutes les générations pour qu’il ressente un lien puissant entre lui et eux, un lien qui suscitera une crainte à la seule mention du nom de l’un d’entre eux. Mais ce n’est pas tout. Rachi va encore plus loin quand il écrit que l’essentiel des fruits d’un Juste sont ses bonnes actions. Le commentateur veut nous donner l’orientation principale de l’éducation : elle doit faire naître chez l’enfant le sentiment que la seule attente véritable de ses parents c’est de le voir accomplir de bonnes actions. On sait que pour un enfant, ses parents constituent sa première référence affective et intellectuelle. Du fait qu’il aime ses parents au plus haut point, tout ce qu’ils penseront, diront, ou feront sera pour lui ce qu’il y a de mieux à imiter. Dès lors, quand des parents mettront tout en ?uvre pour montrer qu’ils attendent de lui, non d’être un bon avocat ou un grand médecin mais un enfant (et plus tard un adulte) qui ne se distingue que par ses bonnes actions, aucun déluge ne pourra submerger ses convictions et sa foi. 


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