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13 Novembre 2019 | 15, Heshvan 5780 | Mise à jour le 12/11/2019 à 15h40

Rubrique Monde juif

Patrimoine : Retour d’un passé ibérique

La « Bible de Kennicott » (FLICKR.)

Alors qu’une Bible « espagnole » datant du XVème siècle va revenir, un temps, dans son pays d’origine, une synagogue portugaise édifiée, elle, au milieu du siècle précédent, vient d’être restaurée.

On la nomme la « Bible de Kennicott » du nom du célèbre hébraïste anglais, le chanoine Benjamin Kennicott (1718-1783), qui a passé sa vie à comparer les variations textuelles de centaines d’anciens manuscrits hébraïques. Dans le contexte de son travail, celui-ci avait acheté ladite bible qui a été transférée à la « Bibliothèque Bodleian » de l’Université d’Oxford en 1872.

Or, cette dernière va prêter le précieux volume au Museo Centro Gaias de Saint Jacques de Compostelle le temps d’une exposition intitulée « La Galicie une histoire du monde », exposition qui débutera le 12 avril de l’année prochaine. Ce prêt s’explique par le fait que cette Bible de Kennicott a été écrite et enluminée dans cette région de Galicie.

En fait, l’histoire débute dans la ville de La Corogne (La Coruña en espagnol) lorsque Itz’hak, le fils du négociant Don Salomon de Braga, engage un sofer renommé appelé Moshe Ibn Zabara afin que ce dernier écrive un Tanakh, dédié à la mémoire de son père. Tanakh accompagné du traité grammatical « Sefer Mikhol » de Rav David Kimchi (plus connu sous le nom de Radak). Le scribe, qui précise à la fin du texte qu’il a tout copié seul, s’exécute et finit son oeuvre le 24 juillet 1476.

Depuis le début, cette dernière est conçue comme un travail d’exception. Ainsi, 238 des 922 pages du volume (encore en parfait état aujourd’hui) sont enluminées de couleurs vives et de feuilles d’or par l’artiste juif Yosef ibn Hayyim. Qui fait preuve d’une imagination et d’un goût tout à fait remarquable qui font de cette Bible, comme le dit l’historien Cecil Roth, « l’un des plus beaux manuscrits hébraïques existants ».


Un travail d’exception

Lors de l’expulsion des juifs d’Espagne (en 1492),  cette Bible de Kennicott, qui vaut, aujourd’hui, plusieurs millions d’euros, est, tout d’abord, emmenée au Portugal puis en Afrique du Nord. Où elle va « disparaitre » pendant près de 300 ans avant de réapparaître à Oxford en 1771… pour y rester.

Passons maintenant au Portugal, dans la petite ville de Tomar située au centre du pays. C’est là que se trouve la plus vieille synagogue encore existante du pays puisque celle ci a été bâtie au milieu du XVème siècle. Longtemps abandonnée suite à l’expulsion des juifs du Portugal, celle-ci avait été rénovée dans les années 20 par un juifs d’origine polonaise, Samuel Schwarz, qui a, aussi, rédigé un ouvrage sur les coutumes juives des « nouveaux chrétiens » dans certains villages du pays. 

Or, après deux ans de travaux, le musée juif local sis cette même synagogue a rouvert ses portes il y a près de deux semaines. Précisons, enfin, que, si de l’extérieur le bâtiment ne paye pas de mine, l’intérieur révèle une joli surface surmontée de plusieurs dômes qui s’appuient sur quatre colonnes censées représenter les quatre matriarches, Sarah, Rivkah, Ra-chel et Léah. 

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